Lors d'une intervention sur leur situation précaire, le gouvernement a annoncé, le 29 avril 2026, sa volonté de "simplifier" la titularisation des praticiens diplômés hors Union européenne, communément appelés Padhue. Avec plus de 10 000 médecins recensés en 2024, ces professionnels jouent un rôle crucial, surtout dans les zones médicalement sous-desservies.
Ce qu’il faut retenir
Plus de 10 000 Padhue exercent sous des statuts précaires en France. La simplification de leur titularisation vise à alléger une procédure actuellement jugée trop lourde.
Ces praticiens, en majorité diplômés d’Algérie (38,6 %), représentent 9,2 % des médecins actifs, étant particulièrement présents dans des départements tels que l'Aisne et l'Eure-et-Loir.
Pour devenir titulaires, ils doivent réussir un concours réformé récemment et réaliser un stage de consolidation de deux ans, avec des possibilités d'exercice temporaire en cas d’échec, selon la loi Valletoux de 2023.
La discussion s'est intensifiée suite à une sortie d'Emmanuel Macron, qui a manifesté son indignation face à l'obligation pour ces médecins de repasser des concours pour obtenir une vraie reconnaissance. Qui sont donc ces Padhue et quels défis doivent-ils surmonter pour devenir médecins en France ?
Qui sont-ils ?
Les "Padhue" sont des praticiens formés en dehors de l’Union européenne, souvent confrontés à des conditions de travail moins favorables que leurs homologues européens. Ils sont recrutés dans divers domaines, tels que l’urgentologie ou la psychiatrie, particulièrement dans le contexte de la crise médicale exacerbée par la pandémie de Covid-19. Selon le Syndicat des Internes (ISNI), ces médecins assument souvent des responsabilités similaires à celles des médecins issus de la formation nationale, mais avec des rémunérations bien inférieures.
Combien sont-ils ?
Le nombre exact de Padhue demeure incertain. Selon un rapport de 2024, l’Ordre des médecins a estimé leur nombre à plus de 10 000. Le ministère de la Santé indique qu’environ 4 700 d'entre eux recherchent une autorisation temporaire d’exercice. Précisément, 7 500 autres ont commencé le processus de validation après avoir réussi le concours.
Comment sont-ils titularisés ?
La reconnaissance de leurs diplômes nécessite l’obtention d’une “autorisation de plein exercice”, conditionnée à la réussite d’un concours annuel, suivant une procédure longue et complexe. Bien que cette méthode vise à assurer la qualité des soins, elle est souvent critiquée pour prolonger les conditions de travail indécentes. Nombreux sont ceux demandant une exemption de concours, afin que leurs compétences soient reconnues par des pairs.
Et en cas d’échec ?
Jusqu'à présent, un régime dérogatoire permettait aux Padhue de travailler temporairement sous des statuts précaires, avec des salaires variant entre 1 500 et 2 200 euros par mois. Nouvelle mesure, la loi Valletoux a introduit le statut de praticien associé contractuel temporaire (PACT), offrant un salaire brut annuel d’environ 31 204 euros, mais les Padhue continuent d’exister sous d'autres statuts moins favorables.
Que deviennent les anciens Padhue ?
Le 1er janvier 2026, plus de 9,2 % des médecins en activité étaient d'anciens Padhue, représentant environ 19 000 praticiens. Parmi eux, un grand nombre sont diplômés d'Algérie, mais également de Tunisie, de Syrie ou du Maroc. La concentration de ces médecins varie largement selon les départements, allant de 1,4 % dans certaines zones à près de 30 % dans d'autres comme l'Aisne.
À mesure que le gouvernement s'engage à revoir les procédures de titularisation, cette question des médecins étrangers en France continue de susciter des débats passionnés, tant chez les professionnels de la santé que dans l'opinion publique.







