L'ancienne Première ministre, Elisabeth Borne, a révélé mercredi son intention de se retirer de la direction du parti Renaissance, tout en restant adhérente. Lors d'une interview accordée à France Inter, elle a exprimé son "désaccord" avec la direction actuelle sous Gabriel Attal.
Elle a déploré le manque de débat interne sur les orientations du parti, soulignant : "Je suis en désaccord avec la ligne actuelle." Cette décision lui permet de se concentrer sur son initiative personnelle, "Bâtissons ensemble", qui vise à rassembler au-delà des clivages partisans.
Dans son livre à paraître, "Réveillons-nous!", publié ce jeudi, Borne réaffirme son attachement aux valeurs initiales de Renaissance et à ses militants, tout en précisant qu'elle ne souhaite plus siéger dans les instances dirigeantes.
Son annonce intervient alors que Gabriel Attal renforce sa campagne présidentielle, tentant de détrôner Édouard Philippe au sein du bloc central. En août 2024, Borne avait initialement prévu de se présenter à la tête du parti, mais avait rapidement renoncé face à un accord avec Attal qui lui promettait la présidence du Conseil national, considéré comme le Parlement du parti.
Borne a accueilli Attal à Matignon en janvier 2024, mais leur collaboration s'est rapidement transformée en désaccord public, surtout après ses critiques sur la gestion du parti. Dans une récente déclaration à La Tribune Dimanche, elle a qualifié Renaissance de "simple agence de communication" pour Attal.
Elle a précisé, lors de son entretien, que ses désaccords portaient sur le respect de la Constitution et du Conseil constitutionnel, ainsi que sur certaines mesures controversées, comme l'interdiction du voile pour les mineures de moins de 15 ans.
Borne a récemment boudé des événements majeurs du parti, témoignant d'une fracture croissante. Sa distanciation s'est matérialisée par son absence au discours de clôture du meeting d'Arras en septembre 2025, à l'occasion duquel plusieurs figures du parti ont également exprimé leur mécontentement.
Concernant la direction politique actuelle, elle a critiqué la méthode entrevue sous Emmanuel Macron, plaidant pour un changement radical. Elle s'oppose à un "pouvoir solitaire et vertical", et appelle à une réévaluation de la procédure de dissolution de l'Assemblée nationale, arguant que de telles décisions devraient être prises par une majorité et non sur des simples intuitions présidentielles.
Dans un entretien exclusif avec Paris Match, Borne a également plaidé pour un retour à un septennat non renouvelable, arguant que cela permettrait un meilleur équilibre des pouvoirs. Concernant des ambitions pour la présidentielle de 2027, elle a affirmé qu'elle se concentre sur des idées et des propositions, éloignée des combats de personnes.







