Cette semaine, dans le cadre de l'initiative « Le Plus Grand Musée de France », une trentaine d'élèves du lycée Elsa Triolet ont pris part à un concours d'éloquence. Leur objectif ? Défendre quatre œuvres d'art menacées, avec en jeu un chèque de 10 000 euros pour le projet gagnant.
« Nous avons créé une ambiance de soirée pyjama chez mamie, fouillant dans les archives, avec une immense curiosité... » racontent Mélina et Lisa, élèves de Première à Lucé (Eure-et-Loir). Éloignées des manuels scolaires ce lundi 4 mai, elles se sont révélées en plaidant pour la sauvegarde du buste et de l'uniforme d'Hélène Boucher, pionnière de l'aviation française.
L'enjeu était considérable : une enveloppe de 10 000 euros financée par la Fondation TotalEnergies. Fait original, le jury était composé uniquement d'élèves. « Ce sont les étudiants qui votent, et c'est primordial pour les responsabiliser. Ils deviennent les ambassadeurs de notre patrimoine», souligne Charlotte Tissier, responsable du programme à la Fondation pour la Sauvegarde de l'Art Français.
Depuis le début de l'année, ces futurs professionnels en « Métiers de l'accueil » ont sillonné le département à la recherche de trésors oubliés. Parmi les autres œuvres en lice figuraient le coq d'église de Puiseux, une bannière de confrérie de Villemeux et un mannequin des ateliers Lorin à Chartres.
« Ça change des cours magistraux ! »
Pour Michelle Gensbittel, présidente de l'association « Les Amis d’Yermenonville », la satisfaction est palpable. Contactée par les organisateurs, elle a ouvert les portes de son petit musée pour faire connaître Hélène Boucher aux élèves. « Être reconnu aujourd'hui est une immense joie pour nous », confie-t-elle, elle qui prend soin des souvenirs de cette aviatrice.
Il est vrai que l'œuvre a besoin d'aide. Le buste et l'uniforme, témoins fragiles de notre histoire aéronautique, sont menacés par le temps. Grâce à cette dotation, il sera possible de freiner la dégradation de ces objets emblématiques ayant appartenu à la « recordwoman » de vitesse.
Pour captiver leurs camarades, les groupes ont multiplié les saynètes. Une méthode efficace qui a ravi Loane et Taysir, respectivement maîtresse de cérémonie et défenseuse de l'aviatrice : « Ça change vraiment des cours magistraux ! Nous avons appris à mieux nous exprimer et découvert du nouveau vocabulaire. C'était vraiment super. »
Pour ces deux jeunes filles, le choix d'Hélène Boucher a été une évidence. « Le coq serait amusant… Mais l'avion, son histoire... Cela nous a impressionnées », avoue Lisa. « Nous avions même pensé à créer un montage de crash pour rendre ça plus réaliste ! » conclut Mélina.







