La Maison de l’armateur : une nouvelle exposition dévoile l'ombre de l’esclavage

Un voyage poignant dans l'histoire oubliée de la traite négrière au Havre.
La Maison de l’armateur : une nouvelle exposition dévoile l'ombre de l’esclavage
La Maison de l'armateur, musée intimiste consacré à l'histoire du Havre, rouvre ses portes avec une exposition troublante en lien avec le passé esclavagiste du port et de ses négociants. LP/Laurent Derouet

Avec la réouverture le 8 mai, ce musée havrais met en lumière les ombres de son passé, à travers une exposition sur la traite négrière.

Située à proximité du marché aux poissons du Havre, derrière sa façade majestueuse, la Maison de l’armateur est un symbole de l’histoire du commerce maritime, à la fois radiant et lourd de conséquences. Cet hôtel particulier, propriété de la famille Foäche, figure parmi les grands armateurs havrais, a vu ses murs imprégnés par les souffrances de la traite. Les Foäche étaient également propriétaires de plantations en Haïti, contribuant ainsi à l’enrichissement de la ville au prix de l’exploitation humaine.

Préservée des bombardements de 1944, la Maison, inscrite aux Monuments historiques, a été acquise par la municipalité dans les années 1950 pour célébrer l’histoire locale. Cependant, elle est aussi un des rares vestiges accablés par un passé souvent dissimulé, comme le souligne Le Parisien dans un article récent.

Ils apportaient la prospérité à la population locale

Après une période de fermeture pour rénovation, cette maison-musée accueillera à nouveau ses visiteurs le 8 mai 2026. « Ce chantier a été mené avec soin pour préserver l’authenticité tout en améliorant l’accessibilité », déclare Emmanuelle Riand, directrice de l’établissement. La capacité d'accueil est limitée à 19 personnes afin de conserver une atmosphère intime.

Les travaux, bien que discrets, garantissent désormais une sécurité optimale pour le public et ont permis de redonner vie aux différentes salles du musée. En avant-première, une exposition temporaire, intitulée "Réminiscences – Fantômes de l’esclavage", est présentée dans un cadre délicat, coïncidant avec les 25 ans de la loi Taubira qui reconnait la traite négrière comme un crime contre l’humanité.

Cette exposition, fruit du travail de Emmanuelle Gall et Ari Hamot, utilise des objets du quotidien pour rendre hommage aux ancêtres d’Emmanuelle, qui furent esclaves, et aux liens familiaux d’Ari avec les Foäche. « Notre rencontre à Marseille a instantanément créé une empathie, qui s’est traduite par une œuvre commune », raconte Emmanuelle Gall.

En réinventant des objets familiers et en occupantd'effinles espaces, les artistes parviennent à faire revivre et à nommer ceux que l’histoire a souvent oubliés, encore présents dans la mémoire collective des Havrais. Ces âmes, par leur souffrance, ont pourtant contribué à la richesse de la région, construisant un récit souvent négligé. Un voyage touchant accessible jusqu’au 20 septembre prochain.

Pour plus d’informations, visitez

La Maison de l’armateur : une nouvelle exposition dévoile l'ombre de l’esclavage
Explorez la réouverture de la Maison de l’armateur au Havre et son exposition sur la mémoire de l’esclavage. Un témoignage indispensable de l'histoire locale.
20h32
Xavier Delarue prend la tête de l'Eure avec ses racines bien ancrées
Xavier Delarue prend ses fonctions de préfet de l'Eure, un choix ancré dans ses racines familiales et ses ambitions locales.
19h24
À Caen, l'extension du tramway crée des remous et soulève des inquiétudes
La polémique enfle à Caen concernant l'extension du tramway. Des habitants et associations contestent son coût et son impact environnemental. La décision de justice scellera l'avenir du projet.
19h01
L'avocat parisien en appel après sa condamnation pour marchand de sommeil
Un avocat installé à Paris fait appel de sa condamnation pour avoir loué des logements insalubres en Eure, un cas qui soulève des questions sur le marché locatif.
17h06
Banquets du Canon français : la maire de Quimper sous le feu des insultes
La maire de Quimper fait face à des insultes racistes après avoir annulé un banquet du Canon français. Enquête ouverte à Caen suite à des comportements inacceptables.
13h09
Cinq migrants retrouvés dans un camion à l'usine Renault de Sandouville
Le 7 mai, cinq migrants ont été trouvés dans un camion à l'usine Renault de Sandouville, où ils ont reçu assistance. Le syndicat FO appelle à un suivi psychologique pour les employés.
12h09