Deux mois après l'évacuation d'urgence des trois bâtiments du quai Saint-Catherine, Honfleur franchit une étape cruciale. Des contrefiches, de grandes structures en bois de 14 mètres de hauteur, ont été installées pour assurer la sécurité des façades. Ces dispositifs, pesant chacune 2,5 tonnes et ancrés au sol par des dalles en béton, garantissent la stabilité des immeubles.
“C'est une journée significative, car avant leur installation, la situation était source de grande préoccupation,” déclare Nicolas Pubreuil, le nouveau maire de Honfleur. “Le risque d'écroulement est désormais éliminé, et nous pouvons rassurer notre communauté.” L’intervention a été achevée le 1er juin, marquant deux mois depuis l'évacuaiton des immeubles au 36, 38 et 40 quai Sainte-Catherine.
Pour sécuriser les façades, l’équipe a dû mobiliser 50 mètres cubes de bois. “Cela a nécessité une réflexion approfondie et une logistique assurée,” explique Yohan Malbranque, directeur des travaux de l'agence MDB métiers du bois. “Aujourd'hui, grâce à ces contrefiches, l'écroulement vers l'extérieur n'est plus une menace.” Ces structures resteront en place jusqu'à ce que les travaux de réhabilitation intérieure soient achevés, laissant penser que leur présence se prolongera.
Reste à sécuriser l’intérieur des trois immeubles
Maintenant que les façades sont sécurisées, l'accent est mis sur l'intérieur des bâtiment, avec des travaux de consolidation à prévoir. Ces interventions pourraient impliquer la reconstruction de murs porteurs qui ont pu être abattus de manière imprudente par le passé. “Nous espérons terminer ces travaux d'ici la mi-juillet, mais cela dépendra des résultats de nos évaluations en cours,” indique Charlotte Hubert, architecte en chef pour les monuments historiques. “Nous ferons tout notre possible pour respecter ce délai, d'autant plus que les commerçants avoisinants souffrent.”
Des pertes de chiffres d’affaires pour les commerçants voisins
La fermeture de 19 commerces a été une conséquence directe de cette situation. Dominique, gérant du restaurant Le Petit Honfleur, note une baisse significative de sa clientèle, affirmant que “il y a un réel manque de passage. Autrefois, les gens passaient de nombreuses fois chaque jour le long des quais, maintenant c'est réduit à quelques passages.” Son chiffre d'affaires a chuté de 15% en raison de la situation. Les commerçants restants expriment tous un soulagement face à l’avancement des travaux, espérant voir leur situation s’améliorer prochainement.
Des capteurs ont également été installés pour suivre de près toute activité sismique dans les bâtiments, ce qui témoigne de la rigueur apportée dans la gestion de ce chantier délicat. “Nous devons procéder avec prudence,” conclut Yohan Malbranque. Les efforts pour sécuriser ces immeubles ne sont pas seulement techniques ; ils relèvent aussi de la responsabilité envers la communauté et la préservation du patrimoine architectural de Honfleur.







