Manipulatrice pour certains, généreuse pour d'autres, Marie-Thérèse Garcia, 79 ans, est au centre d'un procès complexe. Depuis lundi, elle est jugée par la cour d’assises des Yvelines pour le meurtre de sa belle-sœur, Corinne Di Dio, dont le corps démembré avait été retrouvé en 1995 dans une malle dans la Seine.
L’accusée s'est présentée en cour avec une chemise à fleurs et des lunettes en verre fumé, discutant librement de sa vie. Son caractère bien trempé lui a valu le surnom de "Ma Dalton", évoquant une femme forte mais parfois violente, tandis que ses proches la surnomment "Mamie trésor" pour sa générosité.
"Je ne suis pas parfaite, j'ai commis des erreurs", a-t-elle déclaré depuis son box, en détention à la maison d'arrêt de Versailles. Marie-Thérèse a également partagé des détails de ses relations tumultueuses, incluant son ancien partenaire, le braqueur Antonio Gomez Marquez, coaccusé dans l’affaire.
Née à Montrouge en 1946, elle a grandi à Saint-Hilarion, où elle gardait des enfants de la famille, y compris Romain, fils de Corinne. Elle clame son innocence depuis 30 ans, exprimant sa colère en disant : "Je n’en peux plus".
Deux non-lieux ont été prononcés dans ce dossier avant qu'une enquête ne soit rouverte en 2012, suite à des témoignages troublants. La rivalité familiale, alimentée par des drames personnels, est également au cœur de cette affaire. En 2004, Marie-Thérèse a accusé sa fille cadette, Nancy, d'avoir tenté de l'assassiner, une affirmation que Nancy conteste.
L'existence d'une liaison entre Corinne et Francisco Marquez, frère d’Antonio, est également citée comme un possible mobile pour le crime. Les relations familiales sont mises sous le microscope, notamment les accusations d’abus sexuels portées contre le père de Marie-Thérèse, dont elle a assuré ne pas être au courant.
Marie-Thérèse a mentionné ses lourdes conditions de détention, affirmant être dans un état de santé préoccupant, avec plusieurs pathologies à son actif. Consciente de son image, elle a exprimé des inquiétudes sur la perception publique de son cas. Malgré plusieurs demandes de libération, ses avocats n'ont pas réussi à obtenir sa remise en liberté avant le procès. Cette affaire qui mélange drame familial et justice soulève des questions cruciales sur les rapports humains et la vérité.







