Un cri du cœur retentissant au sein de la grande distribution. Des enseignes telles qu'Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché et Super U ont récemment publié un appel inhabituel, exhortant les consommateurs à remplir leurs paniers de poireaux. L'objectif est clair : éviter que ces légumes ne pourrissent dans les champs, entraînant des conséquences dévastatrices pour les agriculteurs.
Les géants du réseau commercial alertent que si ces volumes ne sont pas consommés rapidement, ils pourraient être perdus. La mobilisation des clients est vue comme essentielle pour sortir de cette crise.
Une météo éprouvante
La cause de cette situation chaotique ? Une météo atypique. Un automne et un début d'hiver anormalement doux ont favorisé une croissance rapide des légumes. Cette situation a engendré une surproduction qui dépasse largement la demande habituelle. Ce phénomène n’est pas sans précédent : il y a quelques semaines, les supermarchés étaient déjà contraints d'intervenir pour écouler le surplus de chou-fleur. Toutefois, l’urgence est encore plus prononcée pour les poireaux, nécessitant une vente immédiate avant qu'ils ne deviennent périssables.
Des coûts de production non couverts
Les agriculteurs, de leur côté, font face à une dure réalité. Dans des zones de production comme la Manche, les prix de vente des poireaux se sont effondrés. Fabien Biette, un producteur local, a récemment témoigné sur France Info de la chute alarmante de ses revenus : d'un tarif normal de 75 centimes le kilo, il ne perçoit aujourd'hui plus que 55 centimes. Ce montant est désormais inférieur aux coûts de production, conduisant les agriculteurs à vendre à perte. "C’est tendu, et cela ne peut pas continuer ainsi", confie-t-il, alors que les syndicats agricoles ont sonné l'alerte depuis fin 2022.
Une aide nécessaire de la grande distribution
Bien que les grandes enseignes incitent les consommateurs à acheter des poireaux, elles promettent également d'améliorer la visibilité de ces produits en magasin. Des efforts internes sont déployés pour soutenir les agriculteurs français. Cependant, l'ambiance n'est pas entièrement optimiste. Les producteurs soulignent que certaines négociations au sein de la chaîne de distribution continuent d'exiger des baisses de prix, même au cœur d'une crise. La survie de nombreux agriculteurs sera tributaire non seulement de la générosité des consommateurs, mais aussi de la capacité des distributeurs à rémunérer correctement les producteurs.







