Les répercussions de l'affaire Epstein se font sentir de manière dévastatrice de l'autre côté de la Manche. En effet, le Premier ministre britannique, Sir Keir Starmer, se retrouve dans une situation délicate. Alors que le drame politique se joue, il semble que son avenir politique soit imminent.
Inspiré par le récit du livre de Daniel dans l'Ancien Testament, nous pourrions ici dire que « l'écriture est sur le mur » pour Starmer. Les événements récents causés par l'emballement autour de l'affaire Epstein ont davantage secoué le Royaume-Uni que les autres nations. Les témoignages accablants des victimes et la révélation successive d'une multitude de documents lors des enquêtes américaines dénotent non seulement la déchéance de personnalités comme le prince Andrew, mais aussi de la crédibilité du gouvernement en raison de la nomination controversée de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington.
Une nomination devenue une épine
Starmer avait choisi Mandelson pour ce poste crucial à la fin de l'année 2024, bien avant la conclusion de son évaluation au sein des autorités. Une décision impulsée par son bras droit, Morgan McSweeney, n'a pas tardé à provoquer des remous. Alors que les documents relatifs à Epstein commençaient à alimenter les discussions en septembre, les relations potentiellement compromettantes entre Mandelson et le financier ont fait surface, forçant Starmer à le congédier sous la pression médiatique et politique.
Comme le rapporte le Daily Mail, des révélations accablantes ont continué d’émerger, notamment suite à la publication massive de 3 millions de pages par le ministère de la Justice américain, renforçant les critiques sur l’instabilité de Starmer au leadership. Les liens passés entre Mandelson et Epstein semblent avoir persisté bien après la condamnation de ce dernier, soulevant des questions sur l'intégrité du gouvernement travailliste.
En réaction à cette crise, la police anglaise a ouvert une enquête pour déterminer d'éventuelles infractions commises par Mandelson. Déjà très critiqué, Starmer a dû prendre des mesures, allant jusqu'à expulser Mandelson du Parti travailliste et aux Lords, signe d’un désespoir face à une situation catastrophique.
De son côté, le ministre a nié avoir eu connaissance de la nature troublante des liens en amont de sa nomination, pointant du doigt les lacunes du système de vérification. Cependant, une commission parlementaire a été mise en place pour évaluer le processus qui a conduit à sa désignation.
Mandelson : de l'étoile montante à la source du malaise
La carrière de Mandelson, autrefois pilier du New Labour sous Tony Blair, a longtemps été assombrie par des allégations de corruption. Ses interactions avec Epstein révèlent un degré de proximité troublant, accumulant des fonds au fil des ans tout en passant sous silence ses responsabilités politiques.
Les révélations suggèrent que les deux hommes entretenaient une relation aux ramifications éthiques ambiguës, Mandelson ayant fourni à Epstein, pendant la crise financière, des informations précieuses concernant la vente d’actifs par le gouvernement.
« Compté, compté, pesé, divisé »: tel est l'augure pour Starmer. La crise actuelle pourrait bien lui coûter cher. Les élections locales de mai, conjuguées à celles pour les assemblées écossaises et galloises, ainsi qu'une difficile élection partielle en février, placeront Starmer sous forte pression. Il est déjà la cible de complots internes, et ses mois sont comptés. Un verdict de la commission parlementaire pourrait précipiter sa chute.
Pour l’instant, son soutien est fragile, alors même que des membres de son équipe s'apprêtent à retourner leurs vestes.







