Kévin Warsh, pressenti pour prendre la direction de la Réserve fédérale américaine (Fed), doit convaincre les sénateurs de sa capacité à préserver son autonomie, en dépit des attentes du président Donald Trump. L'audience, qui a lieu ce mardi, résonne comme un moment clé dans sa marche vers la présidence de la banque centrale, prévue à la suite de Jérôme Powell dont le mandat prendra fin le 15 mai prochain.
Devant la commission des affaires bancaires du Sénat, Warsh a dû répondre fermement aux accusations de la sénatrice Elizabeth Warren, qui l’a qualifié de "marionnette" de Trump. En réponse, il a affirmé : "Je ne serai absolument pas une marionnette". Il a illustré son point de vue en insistant sur son engagement à être un "acteur indépendant" et a explicitement indiqué ne pas avoir promis d'engager la Fed dans une baisses des taux sous les directives de Trump : "Je ne m'y suis pas engagé", a-t-il précisé.
Les attentes de Trump sur une baisse rapide des taux
Dans une récente interview sur CNBC, Trump a clairement exprimé son souhait de voir Warsh réduire les taux d'intérêt de manière significative une fois en fonction. En revanche, Warsh a défendu l'idée que "l'indépendance monétaire est essentielle" et que ce principe doit d’abord reposer sur les décisions autonomes de la Fed. "L'indépendance de la Fed est compromise lorsqu’elle s'aventure dans des domaines où elle n’a ni compétence ni autorité", a-t-il déclaré, se référant à la pression exercée par Trump sur la politique monétaire.
Je suis convaincu que l'indépendance opérationnelle de la politique monétaire n'est pas menacée par des interventions politiques.
La situation au Sénat est délicate pour Warsh. Avec une majorité très serrée, un seul vote républicain défavorable pourrait faire tomber sa nomination. Thom Tillis, par exemple, a déjà annoncé qu'il ne donnerait pas son soutien tant qu'une enquête judiciaire concernant Jerome Powell serait en cours, en lien avec des décisions controversées au sein de la Fed. Trump aspire à un changement rapide à la tête de la banque centrale, mais tant que Warsh n'est pas confirmé, Powell restant à son poste peut atténuer les ambitions présidentielles, comme l'indique le quotidien BFM TV.







