Face à la persistance de la crise des carburants, le Premier ministre a dévoilé des mesures visant à soutenir les gros utilisateurs. En cette occasion, il n'était pas seul : entouré de huit ministres, il a exposé ces nouvelles décisions.
Ce point d'étape survient après les aides déjà mises en place en avril dernier. "Nous optons pour des dispositifs ciblés et mensualisés, sans recourir à des chèques massifs", a précisé le Premier ministre.
Alors que la crise semble s'installer dans la durée, le gouvernement est contraint de modifier son approche. L'aide pour les pêcheurs, déjà en place, va passer de 20 à 30 ou 35 centimes par litre. Les agriculteurs, quant à eux, verront l'aide multipliée par quatre, passant de 4 à 15 centimes par litre. Les transporteurs bénéficieront également d'un soutien, cette fois de 20 centimes par litre.
Les taxis et le BTP à leur tour aidés
Avec des prix de l'essence dépassant les deux euros, le Premier ministre a élargi le dispositif aux secteurs du BTP et des taxis, jusqu'à présent négligés. Ce soutien prendra la forme d'une aide d'environ 20 centimes par litre pour les petites entreprises, tandis que des discussions sur des subventions sont en cours pour les taxis et les VTC.
Une prime dédiée aux « gros rouleurs »
La mesure la plus attendue concerne les 2,9 millions de Français qualifiés de « gros rouleurs », notamment ceux qui travaillent à plus de 15 km de leur domicile et dont le revenu est inférieur à 17 000 euros pour une personne seule, ou 50 000 euros pour un couple avec enfants. Cette aide devrait représenter environ 20 centimes par litre et sera accessible via le site des impôts dans quelques semaines.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a précisé que cette aide marque un changement par rapport aux précédentes propositions, qui se limitaient à un soutien pour le passage à des véhicules électriques. Cela dit, Sébastien Lecornu a réitéré que le gouvernement reste attaché à un soutien d'activité, évitant ainsi la distribution de chèques universels, même lors des vacances scolaires.
Quelles marges de manœuvre ?
En optant pour des aides plus substantielles, le gouvernement fait état de ses capacités restreintes face à la crise. "Si la situation devait se détériorer, d'autres mesures pourraient être envisagées", a déclaré Lecornu, tout en précisant la nécessité de gérer prudemment le budget de l'État. Il a ainsi estimé que l'augmentation des taux d'intérêt pourrait alourdir le coût de la dette à plus de 3,6 milliards d'euros, ce qui oblige à des économies significatives.
Cette gestion rigoureuse s'accompagne d'un gel des crédits de 4 milliards d'euros pour l'État et 2 milliards pour la Sécurité sociale, comme annoncé lors d'une récente réunion à Bercy.







