Dans une démarche visant à apaiser les tensions, Starbucks annonce la fermeture de ses 2000 cafés en Corée du Sud pour trois heures, permettant ainsi à ses employés de suivre un cours d'histoire sur la répression de Gwangju. Cette décision fait suite à l'indignation provoquée par une récente campagne marketing jugée déplacée. En effet, le slogan "Tank Day" faisait référence aux véhicules militaires utilisés lors des manifestations prodémocratie de 1980 qui ont fait au moins 165 victimes selon des chiffres officiels, bien que de nombreux observateurs estiment que le bilan soit sous-estimé.
Shinsegae, groupe qui détient les droits de la marque Starbucks en Corée, a reconnu que la formulation du message avait été élaborée avec l'aide d'une intelligence artificielle, et que les équipes n'avaient pas réalisé les implications de la campagne avant la réaction du public. Cela a entraîné des appels au boycott, aggravant une chute notable des ventes de la chaîne, comme l'a rapporté le média local IGAWorks.
Appels au boycott
Face à la controverse, Starbucks a décidé d'organiser une formation de trois heures intitulée "Conscience historique et sensibilité sociale". Cette formation inclura la projection de vidéos retracant l’histoire de la Corée du Sud, notamment sur les événements tragiques de Gwangju. Cette initiative pourrait avoir un coût significatif pour la société, avec une perte estimée à 1,4 million de dollars, selon des analystes. La Corée du Sud est le troisième marché le plus important pour Starbucks, après les États-Unis et la Chine.
Un responsable de Starbucks interrogé par la police
En réponse à la situation, le président de Shinsegae, Chung Yong-jin, s'engagera également dans cette formation le 24 juin prochain, tandis que le directeur général a été remercié dès l'annonce de la polémique. Une plainte a été déposée par un groupe civique contre plusieurs cadres, les accusant de diffusion de fausses informations et de diffamation selon une loi de 2016 prohibant la manipulation de la mémoire collective autour des événements de 1980. BFM TV a rapporté que la police de Séoul a interrogé un responsable du groupe Shinsegae en tant que témoin.
Shinsegae espère que cette affaire sera rapidement examinée de manière transparente, et a promis de collaborer pleinement avec les autorités.







