La justice britannique a rendu un verdict retentissant le 10 juillet 2026 en faveur de plusieurs géants de l'automobile, dont Renault et Stellantis. Cette décision constitue un coup dur pour 1,6 million de plaignants qui espéraient obtenir réparation dans le cadre du scandale mondial connu sous le nom de Dieselgate.
La Haute Cour a exonéré les fabricants, parmi lesquels se trouvent aussi des entreprises de renom comme Mercedes, Nissan et Ford, des accusations de manipulation de véhicules diesel pour contourner les contrôles antipollution liés aux émissions d'oxydes d'azote (NOx). Dans son jugement, la juge Sara Cockerill a expliqué que les « dispositifs d'invalidation », utilisés pour réduire artificiellement les émissions lors des tests, ne sont pas, dans la majorité des cas, considérés comme illégaux.
Cependant, la juge a émis des « constatations défavorables » concernant certains modèles, mais a largement favorisé des marques comme Ford, Renault et Nissan sur la majorité des accusations portées à leur encontre.
Un futur incertain pour les indemnisations
Un procès prévu pour octobre examinera la possibilité d'indemnisations pour les plaignants. Cependant, la récente décision réduit significativement le montant potentiel de ces compensations, qui avaient été évaluées à plusieurs milliards de livres. Le cabinet d'avocats Leigh Day, qui représente les plaignants, envisage de faire appel, mettant en avant un écart considérable entre les décisions britanniques et celles de l'Union européenne sur ce sujet.
De son côté, Ford a exprimé sa satisfaction quant à la décision, tout comme Renault, qui prévoit de réclamer le remboursement de ses frais juridiques. Mercedes a également défendu sa position en soulignant les failles du jugement concernant l'un de ses modèles. Stellantis, pour sa part, a réaffirmé que ses véhicules respectent les normes d'émissions en vigueur et envisage de contester le verdict.
Un enjeu mondial
Le Dieselgate a provoqué des enquêtes civiles et pénales à l’échelle internationale. Volkswagen, dont le nom est souvent associé à cette affaire, a reconnu en 2015 avoir installé un logiciel permettant de fausser les niveaux d'émissions de millions de véhicules. Bien que reconnu coupable en 2020 au Royaume-Uni, le constructeur a fini par payer une amende de 193 millions de livres.
Jane Dutton, membre de l'organisation Mums for Lungs, a exprimé sa déception suite à ce jugement en déclarant : « Je trouve cela incroyablement décevant ». Elle a souligné qu'il est impératif que les véhicules diesel émettant des niveaux excessifs de polluants soient retirés des routes britanniques.







