Dans un procès marquant, Souleymane D., animateur dans le 10e arrondissement de Paris, a été condamné vendredi 11 juillet à 18 mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles sur une mineure. Cette décision, inédite, a été saluée par plusieurs associations de défense des droits des enfants.
Pour la première fois dans ce dossier complexe, la justice a reconnu la parole d'un enfant comme preuve crédible. Le tribunal a noté la « cohérence » et le « sérieux » des déclarations de la fillette, alors âgée de six ans, qui a subi ces actes entre octobre 2023 et juillet 2025 dans un centre de loisirs.
Cette condamnation intervient après que deux autres animateurs ont bénéficié de relaxes controversées, déplorées par les associations, qui y voyaient un manquement à la justice face à la parole d'enfants. Le procureur a d'ailleurs fait appel contre ces décisions.
La petite victime a décrit les gestes inappropriés, utilisant une poupée lorsque les mots lui faisaient défaut. Les juges ont emphasized que son témoignage était constant et précis, contrairement à celui de Souleymane D., dont les déclarations étaient jugées « fluctuantes ».
Ce verdict s’inscrit dans un contexte plus large où depuis le début de l’année 2026, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour « suspicions de violences sexuelles ou sexistes », ce que le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qualifie de problème « systémique ». Un plan d’action à hauteur de 20 millions d’euros a été lancé pour réformer le périscolaire.
Charles Héran, l’avocat de la famille, s'est exprimé avec optimisme, affirmant que « la parole de cette enfant a été entendue ». De son côté, Barka Zerouali, porte-parole du collectif #MeTooEcole, a souligné l’importance de cette décision, bien qu’il regrette que la peine soit assortie de sursis.
« Aucune tendance à l’affabulation »
Les actes pour lesquels Souleymane D. a été jugé englobent des attouchements inappropriés. Ce dernier a finalement reconnu des contacts physiques, bien que minimisant leur gravité. Les juges ont établi que la configuration des lieux de loisirs permettait de commettre ces actes en toute discrétion et que le comportement de l’animateur était imprévisible.
A ce jour, Souleymane D. a la possibilité d'interjeter appel dans les dix jours suivant la décision du tribunal. En plus de sa peine, il a été interdit d'exercer toute activité en contact avec des mineurs.







