Mercredi 14 janvier, une action audacieuse a conduit à l'interpellation de cinquante membres de la Confédération paysanne, qui ont occupé une annexe du ministère de l’Agriculture à Paris. Cette mobilisation importante a vu des agriculteurs d’Outremer se joindre à leurs collègues de Métropole, unissant leurs voix pour dénoncer les inégalités dans le secteur agricole.
À 16h30, ces manifestants ont pénétré l’enceinte de l'annexe sans autorisation, provoquant ce que la préfecture de police a qualifié de « grave trouble à l'ordre public ». Les forces de l'ordre ont rapidement évacué les lieux et arrêté les occupants, suite à la plainte déposée par un représentant du ministère.
Parmi les revendications, Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne, a plaidé pour « la décolonisation de l’agriculture » et un appel à l’abandon de la cogestion avec la FNSEA, un acteur majeur dans le paysage syndical. Les agriculteurs expriment un ras-le-bol face à ce qu’ils perçoivent comme l'accaparement des subventions par une poignée de grandes exploitations et groupes agro-industriels.
Leurs critiques sont aussi dirigées contre les récentes annonces du gouvernement, qui a promis une « loi d'urgence agricole » pour faire face à des enjeux comme la prédation animale et les ressources en eau. Cette loi semble répondre principalement aux préoccupations de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, suscitant des accusations d'inégalité de traitement entre les syndicats.
Des voix comme celles de Stéphane Galais, autre porte-parole de la Confédération, soulignent le déséquilibre dans la répartition de l'attention gouvernementale : « La FNSEA défile avec 400 tracteurs, tandis que nous subissons constamment la répression lors de nos actions ». Thomas Gibert, également porte-parole, a récemment été interpellé à Paris pour une opération de protestation impliquant des tracteurs.
Selon différentes sources, la colère des agriculteurs ne montre aucun signe d'apaisement, avec un climat de méfiance envers les politiques publiques en matière d'agriculture. La mobilisation pourrait encore s'intensifier, alors que les agriculteurs cherchent à faire entendre leurs préoccupations sur un sujet qui les touche profondément. À travers cette lutte, ils espèrent également rallier davantage de soutien de la part du grand public.







