Depuis le début des hostilités avec le Hezbollah le 2 mars, l'armée israélienne a visé au moins cinq des six ponts principaux sur le Litani, un fleuve crucial séparant le sud du Liban de son reste. Cette destruction des infrastructures soulève des questions sur les intentions militaires d'Israël.
Les experts militaires s'accordent à dire que ces frappes visent à isoler le sud du Liban, mais ils sont partagés sur l'effet de ces opérations sur le conflit en cours. Riad Kahwaji, analyste militaire, souligne : "Dans toute opération terrestre, la priorité est d'entraver les déplacements de l'ennemi, notamment en perturbant ses voies de ravitaillement." Cette stratégie pourrait donc avoir un impact significatif sur le cours de la guerre.
Une nouvelle attaque a eu lieu lundi, ciblant un pont reliant le sud à l'est du Liban. Selon Kahwaji, "tous ceux qui se trouvent au sud du Litani sont désormais piégés, sauf s'ils choisissent des voies plus longues par Hasbaya, à l'extrémité de la vallée de la Békaa." Ce constat alimente les craintes d'une évacuation imminente des populations de la région.
Israël Katz, ministre israélien de la Défense, a récemment annoncé l'ordre de détruire les ponts servant selon lui aux opérations terroristes du Hezbollah. En réaction, le président libanais Joseph Aoun a qualifié ces frappes d'escalade et de violation de la souveraineté libanaise, les voyant comme un prélude à une offensive terrestre potentielle.
Malgré ces destructions, certains experts comme le général retraité Hicham Jaber estiment que les forces du Hezbollah ont encore les moyens de mener des combats prolongés sans nécessiter de traverser le Litani, grâce à des missiles et drones opérationnels au nord du fleuve.
Il est réel que le Litani peut être traversé à pied, mais l’impact de la destruction des ponts est contesté. Riad Kahwaji rappelle qu'"un fleuve, même peu profond, reste infranchissable pour les lourdes armes nécessitant un transport par véhicule."
Cette stratégie de destruction des ponts n'est pas inédite. Durant la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, 97 ponts ont été ciblés, et bien que beaucoup aient été reconstruit grâce à des aides extérieures, la situation d’aujourd'hui révèle une continuité dans les tactiques israéliennes.
Alors que les tensions s'intensifient, le Hezbollah a repris les armes en réponse à des événements régionaux, soulignant l'ampleur du conflit actuel. Depuis le début des hostilités, des milliers de vies ont été perdues et plus d'un million de personnes ont été déplacées. La situation au Liban reste précaire, avec des répercussions potentiellement durables sur la stabilité de la région.







