L'essentiel : Alors que Donald Trump appelle à l'ouverture totale du détroit d'Ormuz par l'Iran, Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), exprime de vives inquiétudes sur la situation au Moyen-Orient. Des dizaines de complexes énergétiques ont été ciblés et le risque d'une crise énergétique mondiale est bien réel.
"À ce jour, nous avons perdu 11 millions de barils par jour, ce qui dépasse les pertes des deux grandes crises pétrolières des années 1970," a déclaré Fatih Birol le 23 mars. Il met en lumière une situation critique pour les infrastructures énergétiques, frappées depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le 28 février dernier.
"Aucun pays ne sera à l'abri des conséquences de cette crise si elle persiste. Une action mondiale est impérative," ajoute-t-il, soulignant que l'économie fait face à une menace sérieuse. Ce constat s'accompagne d'un appel à une résolution rapide du conflit.
Les infrastructures énergétiques, des cibles cruciales
Depuis le début des hostilités, au moins quarante infrastructures énergétiques ont été touchées. Des centrales énergétiques aux complexes pétroliers et gaziers, ces installations sont devenues des cibles stratégiques. Par exemple, la semaine dernière, l'Iran a attaqué le plus grand complexe pétrolier du monde au Qatar. Donald Trump a réagi en menaçant des frappes sur des installations iraniennes en retour.
Les sites nucléaires suscitent également une grande inquiétude. Le régime iranien a récemment frappé une zone résidentielle à proximité du centre de recherche nucléaire de Dimona en Israël, suscitant des appels à la retenue de la part de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour éviter tout incident nucléaire.
L'ultimatum de Trump arrive bientôt à échéance
La situation pourrait s'aggraver avec l'ultimatum de Donald Trump pour la réouverture totale du détroit d'Ormuz, par où transite une part significative des hydrocarbures mondiaux. Sur son réseau social, Trump a déclaré qu'il frapperait les centrales énergétiques iraniennes si l'Iran ne répondait pas favorablement dans les 48 heures.
"Si l'Iran n'ouvre pas totalement, sans menace, le détroit d'Ormuz, les États-Unis frapperont ses centrales, en commençant par la plus grosse," a menacé Trump sur Truth Social.
Cependant, à l'approche de l'échéance de son ultimatum, Trump a finalement annoncé qu'il renonçait à toute opération militaire dans les cinq jours à venir, citant des échanges "très productifs" avec l'Iran et des points d'accord retrouvés.
De son côté, l'Iran avait d'ores et déjà préparé sa réponse. Des médias d'État iraniens ont annoncé une liste de cibles énergétiques susceptibles d'être visées si une attaque américaine était lancée. Une infographie intitulée "Dites adieu à l'électricité" a montré des installations en Arabie saoudite, aux Émirats et au Koweït comme cibles possibles, accompagnée du message que toute attaque serait suivie d'obscurcissements régionaux.
Malgré des tentatives de dialogue entre l'Iran et les États-Unis, les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient demeurent vulnérables, et un nouvel embrasement des hostilités est toujours possible.







