La récente initiative britannique contre la célèbre "flotte fantôme" de Moscou marque un tournant dans la lutte contre le contournement des sanctions occidentales. Composée de navires souvent vétustes, non assurés et dont la propriété est souvent floue, cette flotte est principalement utilisée pour éluder les restrictions imposées par l'Occident.
Dans un communiqué de Downing Street daté du 25 mars, il a été annoncé que l'armée britannique serait désormais autorisée à arraisonner et saisir ces navires de sanctions dans les eaux territoriales du Royaume-Uni. Cette mesure vise à renforcer le contrôle des eaux britanniques, y compris dans des zones clés comme la Manche.
"Les forces armées britanniques, en coordination avec les forces de l'ordre, pourront ainsi intercepter tout navire sanctionné par le Royaume-Uni qui transite par ces eaux", précise le communiqué du bureau du Premier ministre, Keir Starmer.
Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, Londres a imposé des sanctions à 544 navires soupçonnés d'appartenir à cette flotte fantôme principalement composée de pétroliers anciens. En renforçant l'étau autour de ces navires, le Royaume-Uni espère les contraindre à emprunter des routes maritimes plus longues et coûteuses, tout en mettant en lumière l'emploi stratégique de ces navires par Moscou.
Cette annonce intervient alors que le sommet de la Joint Expeditionary Force se profile jeudi à Helsinki, réunissant des leaders de dix pays du nord de l'Europe. L'importance de cette rencontre sera d'autant plus accentuée par la récente décision des États-Unis d'assouplir temporairement certaines restrictions sur le pétrole russe, une manœuvre destinée à apaiser la flambée des prix liée aux conflits au Moyen-Orient.
Des experts estiment que cette décision pourrait également signaler un changement de stratégie de la part de Londres, qui voit dans la flotte fantôme une menace directe à sa sécurité maritime. Le gouvernement britannique est déterminé à travailler en étroite collaboration avec ses alliés pour contrer toute action qui pourrait bénéficier à Vladimir Poutine et à ses intérêts économiques.







