Ce samedi soir, l'alerte à la roquette a interrompu une manifestation antiguerre à Tel-Aviv, plongeant manifestants et policiers dans un abri commun, une scène pour le moins surréaliste. « Paradoxal et triste », a commenté un participant au rassemblement.
Les milliers de protestataires, réunis place Habima, ont exprimé leur volonté de mettre fin à « ces guerres interminables » et attaqué le « cycle de violences » omniprésent dans le pays depuis trois ans. Ce rassemblement fait suite à une escalade des hostilités dans la région, exacerbée par les récentes actions d'Israël et des États-Unis contre l'Iran.
Un mouvement en pleine croissance
Au fil des manifestations hebdomadaires, les participants se font de plus en plus nombreux. Alon-Lee Green, co-directeur de l’organisation Standing Together, a salué l’augmentation du nombre de manifestants, atteignant plus d'un millier cette fois-ci, contre 300 à 400 il y a une semaine. Malgré le soutien majoritaire à l’action militaire en cours, un sondage de l'Institut israélien de la démocratie (IDI) révèle un déclin progressif du soutien, passant de 93 % à 78 % en un mois.
Les slogans tels que « Ne bombardez pas ! Discutez ! » et « Fin des conneries de Bibi » – en référence au Premier ministre Benyamin Netanyahou – résonnent à Tel-Aviv, symbolisant un appel à la paix et au dialogue.
Tensions policières et arrestations
La police a restreint la manifestation à 150 participants au nom de la sécurité, incitant à disperser les rassemblements, provoquant des cris de « fascistes » et des affirmations de « démocratie ! ». Au moins une dizaine de personnes ont été interpellées lors de ces confrontations. Malgré ces tensions, l'espoir d'un changement reste vif parmi les manifestants, même si l'inquiétude prédomine quant à l'avenir.
Edouard, un Franco-israélien participant depuis des années, évoque une « descente aux enfers » de son pays, appelant à des sanctions européennes. Son message se fait entendre dans un contexte où les opinions de la population israélienne sont en pleine mutation.
Pour sa part, Benyamin Netanyahou a réaffirmé sa détermination à poursuivre l'engagement militaire contre l'Iran, une décision qui continue de diviser l'opinion publique.







