Ne pas confondre vitesse et précipitation : des eurodéputés ont appelé la Commission européenne à ne pas accorder de "chèque en blanc" à la Hongrie. Ils exigent des réformes tangibles de la part du nouveau dirigeant, Peter Magyar, avant de débloquer les milliards d'euros actuellement gelés.
À l'heure actuelle, l'Union européenne retient 18 milliards d'euros destinés à la Hongrie pour diverses raisons, y compris des violations liées aux droits des personnes LGBT+, des demandeurs d'asile et des procédures d’appels d’offres non transparentes.
Le climat a changé quelques heures après la défaite de Viktor Orban lors des récentes élections. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est montrée optimiste, promettant de "travailler sans relâche" sur ce dossier tout en saluant les engagements de Magyar pour les réformes.
"Les Hongrois méritent" ces fonds, a-t-elle affirmé lors d'un point de presse, soulignant l'importance d'un soutien aux citoyens hongrois.
Cependant, plusieurs élus européens, particulièrement ceux engagés dans la surveillance de la situation en Hongrie, demeurent sceptiques. L’eurodéputé allemand Daniel Freund a déclaré : "Il n'est pas question de libérer ces fonds immédiatement. Nous ne donnerons pas de chèque en blanc à Budapest." Il insiste sur la nécessité d'établir une "relation de confiance" avec le gouvernement Magyar avant d'envisager le déblocage des fonds.
Un scénario similaire s'est produit dans le passé lorsque l'UE avait gelé des millions destinés à la Pologne. Ces fonds ont été rapidement débloqués après des engagements de la part du gouvernement de Donald Tusk en 2024. Moritz Körner, eurodéputé libéral allemand, a qualifié cette décision de "erreur", appelant à une prudence accrue dans le cas hongrois.







