À l’aube de pourparlers directs sans précédent entre Israël et le Liban, Israël a déclaré mardi son désir de paix, précisant que son unique problème résidait dans la présence du Hezbollah pro-iranien. Ce dernier, en rejetant les discussions qui se tiendront à Washington, ne participe pas à cette première rencontre depuis 1993.
La guerre au Moyen-Orient, engagée par le mouvement chiite en soutien à l'Iran, a plongé le Liban dans un conflit dévastateur. À la suite d'une série d'affrontements, les autorités libanaises rapportent plus de 2.000 morts et près d'un million déplacés.
Gideon Saar, ministre des Affaires étrangères d'Israël, affirme : "Nous aspirons à normaliser nos relations avec le Liban. Le seul obstacle demeure le Hezbollah". Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a, quant à lui, conditionné les négociations à la dissolution de cette organisation et la recherche d'un "véritable accord de paix".
Ces discussions, qui se dérouleront à Washington sous la houlette de Marco Rubio, impliquent les ambassadeurs israélien et libanais, Yechiel Leiter et Nada Hamadeh Moawad, ainsi que l'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa. Dans une communication de presse, un responsable du département d'État a souligné que ces négociations visent à garantir la sécurité à long terme pour le nord d'Israël tout en soutenant la souveraineté libanaise.
Naïm Qassem, chef du Hezbollah, a d'ores et déjà plaidé pour l'"annulation" de ces pourparlers, qualifiant le processus de "capitulation", ce qui pourrait compromettre la possibilité d'un accord substantiel. Selon Riad Kahwaji, analyste militaire, ces pourparlers pourraient renforcer l'isolement du Hezbollah ainsi que ses soutiens à l'intérieur du Liban, tout en affaiblissant l'influence de l'Iran dans la région.
Les récentes escalades, notamment dans la ville de Bint Jbeil où dix soldats israéliens ont été blessés lors d'affrontements, soulignent les tensions persistantes. Alors que le Liban reste techniquement en état de guerre avec Israël, des voix à Beyrouth, comme celles d'habitants las des conflits, expriment un espoir fragile : "Nous voulons la paix, pour nos enfants et notre avenir", déclare Kamal Ayad, un réparateur de fenêtres.
L’administration américaine insiste sur le désarmement du Hezbollah tout en défendant le droit d’Israël à se protéger. Toutefois, l’ancien responsable israélien de la Défense avertit que parvenir à un accord sera laborieux, Israël visant à établir une "zone de sécurité" dans le sud libanais, rappelant le précédent cessez-le-feu de novembre 2024.
Sur un autre front, le blocus américain sur les ports iraniens persiste, aggravant ainsi les tensions régionales. Téhéran, en retour, menace de réagir contre les ports voisins si sa sécurité est compromise. La France et le Royaume-Uni prévoient une visioconférence pour établir une "mission défensive" à Ormuz, soulignant la complexité de la situation en cours.







