Léon XIV a suivi mardi les traces de son père spirituel, saint Augustin, à Annaba, en Algérie. Cette visite, unique dans un pays majoritairement musulman, a été altérée par un double attentat-suicide sur lequel les autorités algériennes n’ont pas communiqué.
Le déplacement papal est survenu dans un contexte de tensions accrues, notamment après les critiques de Donald Trump le jour précédent. Le pape a été accueilli avec des mesures de sécurité strictes durant cette tournée à travers quatre pays africains. À Alger, il a lancé un appel à la paix et à la fraternité interreligieuse.
Malheureusement, la journée de son arrivée a coïncidé avec un attentat-suicide à Blida, à environ quarante kilomètres de la capitale, comme l’a rapporté une source occidentale et confirmé par des images authentifiées par l'AFP. Ce fut le premier attentat de ce type en plus de six ans en Algérie, selon les données de l'AFP.
Malgré ces événements tragiques, le pape a parfaitement exécuté son programme. À Annaba, anciennement connue sous le nom d'Hippone, il a effectué une visite au site archéologique et planté un olivier, tandis qu'une chorale interprétait des chants en latin, amazigh et arabe, inspirés des écrits de saint Augustin sur la paix.
En Algérie, où l'islam sunnite est la religion d'État, les catholiques représentent une infime partie de la population, moins de 0,01 % des 47 millions d'habitants. Plus tard dans la journée, le pape a célébré une messe à la basilique Saint-Augustin, qui attire annuellement près de 18 000 pèlerins, incluant des musulmans et des juifs.
Lors de son homélie, Léon XIV a exhorté les chrétiens d’Algérie à témoigner de l’Évangile par des gestes simples et un dialogue authentique. Sœur Rose-Marie de Tauzia, une religieuse de la charité, a exprimé à l'AFP sa joie face à cette visite, soulignant que les Algériens ressentaient une profonde gratitude pour cette reconnaissance de leur histoire.
Lundi, lors d’une allocution au Monument des martyrs, Le pape a fait un poignant appel au pardon, exhortant à ne pas laisser le ressentiment se transmettre de génération en génération. S'adressant également au président Abdelmadjid Tebboune, il a plaidé pour une société civile libre et pour une gouvernance au service du peuple.
Sur fond de répression des libertés d'expression depuis le mouvement de contestation Hirak en 2019, la visite du pape a mis en lumière les défis que traverse l’Algérie. Il a également visité la Grande Mosquée et la basilique Notre-Dame d’Afrique, où il a rendu hommage à 19 martyrs de la décennie noire qui a profondément marqué le pays.
Les tensions internationales ont également teinté cette visite. Donald Trump a récemment exprimé son désaccord avec Léon XIV, l’accusant de soutenir des initiatives controversées. Le pape, cependant, a réaffirmé la nécessité pour l’Église de parler fermement contre la guerre, précisant qu’il n’avait pas peur de son administration mais qu’il préférait éviter des polémiques.
Mercredi, Léon XIV quittera Alger pour le Cameroun, poursuivant ainsi un voyage de 18 000 km à travers l'Afrique, qui le mènera jusqu'en Angola et en Guinée équatoriale, intervenant dans un contexte d’enjeux de paix et de dialogue interreligieux.







