Rassemblés sur des motos et dans des voitures, les habitants de la banlieue sud de Beyrouth revenaient vendredi dans leurs foyers tous en espérant que ce cessez-le-feu avec Israël marque un tournant vers une paix durable dans cette région contrôlée par le Hezbollah.
L'évaluation des dégâts est terrible. Selon un reportage de l'AFP, des zones sont ravagées après les bombardements israéliens, qui ont commencé le 2 mars. Le Hezbollah, qui gère étroitement les médias dans cette région, a organisé des visites pour observer l'ampleur des destructions.
Insaf Ezzeddine, 42 ans, évoque le chaos qu'elle a connu : "Nous étions contraints de vivre dans la rue, n'ayant pas trouvé de refuge dans les centres d'accueil". Elle a perdu sa maison, maintenant abîmée et inhospitalière, et se rend chez son frère.
"Merci à Dieu, un cessez-le-feu est enfin en place. J'espère sincèrement que la guerre n'éclatera plus", a-t-elle déclaré, exprimant la douleur des jeunes familles contraintes de fuir.
Dès le début des attaques israéliennes, les autorités avaient conseillé aux habitants de quitter la région, qui abrite entre 600 000 et 800 000 personnes. Les routes sont jonchées de débris, avec des panneaux solaires et réservoirs d’eau brisés à la traîne.
Des partisans du Hezbollah déambulent, brandissant le drapeau jaune. Pendant ce temps, des agents de nettoyage s'affairent à balayer les éclats de verre, tentant de redonner vie aux rues.
- "Peur et espoir" -
Samia Lawand, 75 ans, a personnellement visité sa maison dévastée en compagnie de sa famille. "Nous avons découvert une maison en ruines, il ne nous reste d'autre choix que de partir encore", confie-t-elle, visiblement abattue.
Sur une avenue principale, un bâtiment a été soufflé, laissant entrevoir un intérieur abandonné.
"Nous avons fui avec les enfants", dit Hassan Hanoud, 34 ans. "La dernière fois que nous avons visité notre maison, nous avons trouvé des portes brisées, mais je crois en un avenir sans conflit".
Le retour des habitants sur ces terres infusées de souvenirs est émouvant. À chaque coin de rue, des retrouvailles pleines d'émotion témoignent de leur résilience.
Moustafa, 65 ans, a précipité son retour dès le cessez-le-feu. "Après un mois à vivre dans des tentes, rien ne remplace le bonheur de revenir parmi les miens". Son atelier, laissé à l'abandon, lui fait ressentir un mélange d'inquiétude et de détermination.
Ezzeddine Chahrour, militaire retraité, ressent à la fois de la peur et de l'espoir. Pendant ce temps, Jaafar Ali, 73 ans, est venu voir sa famille, espérant des nouvelles. "Nous sommes soulagés par le cessez-le-feu, mais le coût a été élevé. Que va-t-il rester pour tous ceux qui ont perdu leur vie sous les gravats ?" a-t-il conclu.







