Une avocate d'une quarantaine d'années endure depuis près d'un an des douleurs fulgurantes d'un seul côté du visage. Des larmes, une gorge effrayante, des sensations de rage de dents... Malgré des consultations répétées et des examens poussés, le diagnostic lui échappe. Dans l'émission Symptômes, le chirurgien-dentiste Sacha Gabriel Ayache raconte comment un simple détail sur une radio a fait avancer l'enquête.
Lorsque cette patiente franchit la porte de son cabinet en janvier 2024, Dr Ayache perçoit immédiatement sa détresse. "Elle est au bord du désespoir," explique-t-il. "Elle me confie : 'Je n’en peux plus, ça fait un an que je souffre sans réponse.'" Cette femme a multiplié les rendez-vous médicaux, naviguant entre spéculations et incertitudes.
Les premiers symptômes étaient liés à des douleurs dans le cou et les épaules, mais la situation a rapidement dégénéré. "Sa douleur est principalement à gauche," précise le dentiste. "Elle souffre de larmoiements, d'une impression de sinusite, de douleurs auriculaires et de maux de tête. Une véritable accumulation de troubles." Des visites chez le médecin généraliste, des séances de kinésithérapie, des consultations ORL, ainsi que des infiltrations s'accumulent, mais aucun résultat concret n'émerge. "C'est comme si elle était en vérité balladée d'une spécialité à l'autre," résume le Docteur Ayache. Même la possibilité d'un problème dentaire avait été écartée par son dentiste habituel.
"Je vois que dès qu’elle tourne la tête, elle a mal"
Le Dr Sacha-Gabriel Ayache
Le chirurgien-dentiste décide alors de réexaminera la patiente minutieusement. Après plusieurs examens cliniques, il ne remarque rien d'anormal dans sa bouche, ses dents ou ses articulations maxillaires. Cependant, il est frappé par une tension évidente lorsque la patiente bouge sa tête. "À gauche, tout est tendu," note-t-il. Il opte pour une radio panoramique, un examen standard permettant d’explorer plusieurs structures faciales. Bien que l'imagerie ne révèle rien d'évident sur le moment, Dr Ayache s'accroche. Il revisite l'ensemble des informations, consulte de la littérature spécialisée et contact un ancien professeur d'anatomie.
Ce n'est qu'après une analyse approfondie qu'il détecte un détail subreptice sur les images, orientant ses recherches vers une hypothèse rare. Cela donne naissance à une piste suffisamment solide pour recommander de nouveaux examens ciblés et envoyer la patiente vers un chirurgien maxillo-facial. Une avancée significative pour cette femme, qui supporte de plus en plus mal d'être transmise entre experts sans réponse claire.







