Un an après son accession au pouvoir, le climat politique allemand ressemble de plus en plus à celui d’un village gaulois. Les tensions entre les partis de la coalition se sont intensifiées, notamment lors d'une altercation entre Merz et son vice-chancelier Lars Klingbeil au sujet d’une éventuelle taxe sur les hauts revenus. Actuellement, les partis sont fragilisés, avec le SPD à 13 % d’intentions de vote et la CDU, qui espérait réduire l’avance de l’AfD, rétrogradée à 22 %, laissant l’AfD à 27 %, selon l'institut Forsa.
Les citoyens espéraient un gouvernement proactif; ils font plutôt face à des conflits internes. Jutta Falke-Ischinger, biographe de Merz, exprime sa déception, affirmant : "Il pose les bons diagnostics, mais ne parvient pas à les appliquer. He must master the art of governance and persuade through dialogue, and he clearly struggles with that." Des critiques viennent même de ses rangs, où certains qualifient Merz de "sanguin et facilement influençable".
Impopularité massive
Les promesses de redressement s’estompent, tandis que les conséquences socio-économiques se font de plus en plus sentir, avec des milliers de pertes d'emplois. Trois entreprises sur quatre expriment un manque de confiance dans la capacité du gouvernement à impulser la croissance. Merz est particulièrement impopulaire parmi les jeunes, agacés par le retour du service militaire et une inflation atteignant 2,9 % en avril, renforçant le sentiment que le gouvernement ne maîtrise pas la situation.
Son projet de réforme de l’assurance-maladie a été adopté, mais Falke-Ischinger prédit qu'il sera rapidement contesté en raison de débats au sein du Parlement. Dans cette ambiance de tensions exacerbées, elle évoque une société "à cran" : "Dès qu’on mentionne le nom de Merz, les gens se lèvent contre lui." Désormais surnommé la "Fauxpas-Maschine" par la presse, Merz déclare dans une interview au Spiegel se sentir être "le chancelier le plus maltraité de l’histoire" et promet de travailler sur son discours.
Ce franc-parler, qui a été son atout en campagne, a cependant des répercussions. Ses commentaires sur ce qu'il appelle "l'humiliation des Américains par l'Iran" ont mené au retrait annoncé de 5 000 militaires américains de Bavière. Il a également exprimé son intention de faire de "l'émancipation de la tutelle américaine" la priorité de son mandat. Merz, qui est le premier chancelier septuagénaire depuis Adenauer, ne semble pas prêt à céder et envisage de se représenter lors des prochaines élections.







