La Lettonie, pays balte voisin de la Russie et du Bélarus, a mis en place un nouveau gouvernement jeudi, à peine deux semaines après la chute de l'ancien cabinet, provoquée par des intrusions de drones. Cet événement a révélé des vulnérabilités dans la défense lettone, en plein contexte de la guerre en Ukraine.
Le gouvernement, formé par le centriste Andris Kulbergs, a obtenu le soutien de 66 députés dans le parlement de 100 sièges, soulignant une large adhésion. À 47 ans, ce pragmatique, ancien entrepreneur, est perçu comme un homme de consensus dont le mandat sera principalement technique, en attendant les élections législatives d'octobre prochain.
L'ancienne Première ministre, Evika Silina, avait dû quitter son poste début mai, entraînée par la démission de son ministre de la Défense, pointé du doigt pour ne pas avoir su prévenir les incursions de drones.
Ce nouveau cabinet repose sur une coalition comprenant la Liste unie (centre-droit), l'Alliance nationale (nationaliste), ainsi que deux partis centristes de l'ancienne majorité, Nouvelle Unité et l'Union des Verts et des agriculteurs. Andris Kulbergs a affirmé sa volonté de renforcer la sécurité nationale, en s'appuyant sur les capacités militaires internes, les alliés, ainsi qu'une économie robuste.
"Notre devoir est d'assurer la sécurité de la Lettonie dans toutes ses dimensions : sécurité extérieure, économique, énergétique, et le sentiment de sécurité de la population," a ainsi déclaré M. Kulbergs avant le vote parlementaire.
Parmi les décisions clés, Baiba Braze a été confirmée au poste de ministre des Affaires étrangères, tandis que le colonel Raivis Melnis a été proposé en tant que ministre de la Défense, annonçant qu'il délaisserait son uniforme avant de prendre ses nouvelles fonctions.
- Ancrage pro-européen -
Dans son projet commun, la coalition met l'accent sur le renforcement des capacités de défense, la protection des frontières, ainsi que sur un soutien inébranlable à l'Ukraine, reflet du consensus existant sur les priorités de la politique étrangère. Le politologue Nils Muiznieks souligne pour l'AFP l'engagement de Riga envers l'OTAN et l'UE, ainsi que son soutien envers l'Ukraine.
En outre, les nouvelles autorités souhaitent garantir la stabilité budgétaire, lutter contre la corruption, et promouvoir des politiques familiales, face à une population de 1,8 million d'habitants confrontée à un déclin démographique.
Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, plusieurs drones, qu'ils soient russes ou ukrainiens, ont été enregistrés au-dessus de la Lettonie et de ses voisins baltes, l'Estonie et la Lituanie. Ces incidents ont été un sujet de préoccupation pour les dirigeants européens, notamment Ursula von der Leyen, qui a récemment visitée Vilnius, attribuant cette situation à une stratégie déstabilisatrice de la Russie visant les démocraties de l'UE.
Les Européens estiment que la Russie détourne intentionnellement des drones ukrainiens à destination de cibles industrielles en les faisant atterrir sur leurs territoires. Bien que ces événements n'aient pas causé de victimes ni de dommages significatifs, ils ont révélé les lacunes dans les systèmes de défense aérienne des pays baltes, incapables de neutraliser les drones avant qu'ils n'atteignent leur sol.







