L'ultime rebondissement : le procès de Nicolas Sarkozy entre vérité et suspicion

Nicolas Sarkozy conclut un procès en appel décisif : a-t-il vraiment trahi la confiance des Français ?
L'ultime rebondissement : le procès de Nicolas Sarkozy entre vérité et suspicion

l'essentiel

Le procès en appel de Nicolas Sarkozy concernant le présumé financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 s’est achevé le 27 mai avec les plaidoiries de ses avocats. Bien que l'ancien président clame son innocence, il risque jusqu'à sept ans de prison, et les débats se sont révélés nettement plus difficiles qu'en première instance.

Nicolas Sarkozy a affirmé devant la cour d'appel de Paris qu'il n'avait pas « trahi la confiance des Français ». À 71 ans, ce dernier avait déjà purgé 20 jours de détention en tant que premier ancien président incarcéré de l’histoire de la République, condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs.

Après plusieurs semaines d’audiences, l’accusation a requis une peine de sept ans, présentant Sarkozy comme l'« instigateur » d'un pacte de corruption avec le régime de Kadhafi, un moment jugé particulièrement marquant par les médias présents, comme Le Monde. Les 11 semaines de débats ont véritablement mis l’ancien dirigeant à l’épreuve. Il a décrit ce processus judiciaire comme un « chemin de croix ». Notamment, il a souffert non tant des réquisitions de l'accusation, mais de révélations inattendues faites par son ancien associé, Claude Guéant.

En première instance, Sarkozy avait bénéficié d’un certain soutien de la part de Brice Hortefeux et Claude Guéant. Cependant, ce dernier, absent pour raisons médicales, a choisi de se distancier du président en plein procès, déclarant : « C'est à Monsieur Guéant d'expliquer ce qu'il a fait et pourquoi il l'a fait ».

Une révélation cinglante de Claude Guéant

Dans deux lettres envoyées à la cour, en avril, Guéant a modifié sa version des événements, suscitant une onde de choc dans le tribunal. Selon plusieurs journalistes de Le Figaro, ce revirement a constitué un moment décisif, fragilisant la défense de Sarkozy.

Guéant a affirmé que Sarkozy était conscient de son rendez-vous en 2005 avec Abdallah Senoussi, un homme impliqué dans un attentat meurtrier en 1989. Cette rencontre est vue comme centrale dans le cadre des accusations de corruption portées contre Sarkozy.

Sur un aspect encore plus préoccupant, Guéant aurait rapporté que Kadhafi avait conditionné son soutien à la levée d'un mandat d'arrêt international visant Senoussi. Bien que Guéant ait nié avoir agi pour la libération de Senoussi, il a décrit une scène lors d'un dîner à Tripoli en 2007, où Sarkozy lui aurait dit : « Claude, voyez cela », laissant supposer une éventuelle accointance avec les Libyens.

Une défense ébranlée

Malgré ces allégations, Guéant a maintenu que satisfaire les demandes libyennes était impossible. Sarkozy, de son côté, a rejeté la scène évoquée comme inexistante, minimisant même son importance. Il a reconnu toutefois qu'il s'était trompé sur plusieurs déplacements effectués par Guéant en Libye entre 2008 et 2010, ce qui a également affaibli sa position.

Les avocats de Guéant ont vigoureusement défendu leur client lors des plaidoiries, dénonçant le « cynisme » de Sarkozy. La défense a mis en avant que l’absence de Guéant, due à sa santé, avait été exploitée pour le désigner comme bouc émissaire. L'un des avocats a même qualifié le scénario proposé par l'accusation de « roman grotesque ». La cour rendra son verdict le 30 novembre prochain...

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