Le climat politique en Ouganda est de plus en plus tendu après l'enlèvement de Bobi Wine, leader de l'opposition et candidat à la présidentielle, par l'armée. Selon son parti, la Plateforme d'unité nationale (NUP), un hélicoptère militaire a atterri à son domicile, le transportant vers une destination inconnue, après une journée électorale marquée par des violences tragiques qui ont fait au moins dix morts, rapportent diverses sources, dont BBC News.
Lors de cet incident, les membres de l'entourage de Bobi Wine auraient été agressés, et des témoins ont rapporté des tirs de l'armée dans la région de Butambala. Muwanga Kivumbi, un député de la NUP, a évoqué des décès survenus dans son propre domicile, affirmant que dix partisans avaient été tués par les forces militaires. Comme il l'a déclaré avec émotion, "après les avoir abattus, l'armée a tiré à plusieurs reprises sur les lieux". Ce climat de répression a généré une vive inquiétude parmi les droits de l'homme et a attiré l'attention des organisations internationales.
La situation politique est des plus troublantes, alors que Yoweri Museveni, président depuis quarante ans, cherche à obtenir son septième mandat consécutif. Les élections de cette année sont décrites comme une formalité par de nombreux analystes, qui notent le contrôle strict que le régime exerce sur l'appareil électoral et sécuritaire. En effet, selon les résultats préliminaires de la Commission électorale, Museveni récolte environ 73,7% des voix, tandis que son rival Bobi Wine obtient environ 22,7% des suffrages. Ces chiffres, souvent contestés par l'opposition, soulèvent l'angoisse parmi ceux qui s'inquiètent de la transparence du processus électoral, une préoccupation également partagée par Amnesty International.
Avant le scrutin, des mesures draconiennes ont été prises, y compris la coupure d'Internet et d'autres moyens de communication pour étouffer d'éventuelles contestations. Les forces de sécurité sont apparues sur le terrain, assurant que l'opposant était sous "protection", en dépit des témoignages contraires de l'opposition. Selon la porte-parole de la police, Rydia Tumushabe, 25 arrestations de présumés "bandits" ont eu lieu autour de l'opposition, ajoutant une nouvelle couche à un climat déjà chargé de tensions.
Bobi Wine, pourtant devenu une figure emblématique de l'espérance politique pour les jeunes Ougandais, ne cesse d'avertir sur la manipulation du scrutin et les conséquences sanitaires de la violence persistante. La révolte contre l'autorité de Museveni, insatiablement durcie par des approches répressives, crée une attente croissante au sein de la population qu'un changement puisse se produire. Alors que la communauté internationale regarde avec appréhension, ce chapitre tumultueux de l'histoire ougandaise se dessine avec inquiétude.







