Depuis l'incroyable arrestation de Nicolás Maduro le 3 janvier par les forces spéciales américaines, l'avenir du Venezuela soulève de nombreuses interrogations. Qui prend les rênes du pays ? Quel rôle joue Donald Trump dans l'accès aux ressources pétrolières vénézuéliennes ? Voici des éléments de réponse.
La capture de Maduro à Caracas a provoqué un bouleversement politique majeur. María Corina Machado, figure de proue de l'opposition et prix Nobel de la Paix en 2025, semblait être la candidate logique pour succéder à Maduro, favorisant un retour des compagnies pétrolières américaines. Toutefois, Donald Trump a rapidement discrédité cette option : « Elle ne bénéficie ni du soutien ni du respect au sein de son pays. »
Delcy Rodriguez : la choix du pragmatisme
Face à cet avenir incertain, Trump a opté pour Delcy Rodriguez, l'ancienne vice-présidente de Maduro, maintenant présidente par intérim. Son choix s'avère stratégique : elle possède une connaissance approfondie du système vénézuélien et demeure entièrement dépendante de Washington pour sa survie politique. Andres Izarra, ex-ministre de la Communication sous Hugo Chavez, explique : « Delcy offre exactement ce dont Trump a besoin : une personne apte à garantir la continuité des flux pétroliers sans légitimité populaire. »
Ne souhaitant pas répéter les erreurs des États-Unis en Irak, Trump semble privilégier une approche conservatrice, assurant la stabilité pour maximiser les investissements américains dans le secteur pétrolier.
Les concessions du Venezuela
Les déclarations et actions de Rodriguez après sa nomination en témoignent. Immédiatement après la capture de Maduro, elle a scellé des accords pétroliers avec l'administration Trump et a promis de libérer des prisonniers politiques. Ces promesses avancent lentement, mais elle a libéré le gendre d'un leader d'opposition récemment arrêté.
Sur le plan économique, Rodriguez s'illustre par son souhait d'éloigner certaines figures associées à Maduro, comme Alex Saab, et a annoncé un investissement de 300 millions de dollars, soutenu par la vente de pétrole aux États-Unis, pour stabiliser la monnaie nationale.
Elle a également promis une réforme de la loi concernant la compagnie pétrolière d'État, PDVSA, une exigence cruciale pour attirer les investisseurs américains, qui craignent des nationalisations comme celles de 1976 et 1999.
Selon une source de la Maison Blanche, une rencontre entre Rodriguez et Trump serait programmée, marquant une volonté de resserrer les liens entre les deux nations.
Machado ne lâche pas
Parallèlement, María Corina Machado persiste à affirmer ses ambitions. Elle a déclaré sur Fox News qu'elle serait prête à assumer la présidence au moment opportun. Dans un retournement surprenant, Trump a exprimé à plusieurs reprises son intérêt à l'inclure dans les discussions futures : « Nous sommes en train de discuter avec elle, et j’aimerais beaucoup pouvoir faire cela. »
La récente offre de Machado de lui remettre sa médaille Nobel pourrait aussi avoir joué un rôle dans cette nouvelle dynamique.







