Tokyo (AFP) – Alors que l'inflation au Japon montre des signes de ralentissement, elle demeure à un niveau élevé. Ces données, publiées vendredi, interviennent juste avant la dissolution du Parlement, prévue par la Première ministre Sanae Takaichi, marquant le début d'une campagne électorale qui s'annonce intense.
Depuis sa nomination en octobre, Takaichi, première femme à occuper ce poste, a décidé de dissoudre la chambre basse du Parlement japonais, en préparation d'élections anticipées prévues pour le 8 février.
Dans ce contexte, la dirigeante cherche à capitaliser sur des sondages d'opinion favorables à son Parti libéral-démocrate (PLD), qui, malgré une popularité en berne et une coalition fragile, espère séduire les électeurs. Les chiffres récents annoncent une inflation (hors produits frais) de 2,4% en décembre, en baisse par rapport aux 3% d'un mois plus tôt. Ce ralentissement est principalement attribué aux subventions énergétiques mises en place.
Malgré cette légère baisse, le coût de la vie reste une préoccupation majeure, en particulier en ce qui concerne les prix alimentaires, notamment le riz, dont le prix a augmenté de 34% sur l'année, devenant ainsi un symbole vivant de l'inflation.
En réaction à cette situation, Takaichi a proposé de supprimer la taxe de 8% sur les ventes de produits alimentaires pour une durée de deux ans. Ses concurrents politiques soutiennent également la nécessité d'allégements fiscaux, tout en appelant à une révision des cotisations d'assurance sociale. "Les préoccupations majeures des citoyens sont les mesures contre l'inflation", a déclaré Hidehiro Yamamoto, professeur de sciences politiques à l'université Tsukuba.
Une dette en constante augmentation
Le gouvernement a récemment commencé à approuver un budget record pour l'exercice 2026 qui débutera en avril, promettant d'agir rapidement pour soutenir les ménages. Cependant, Jun Azumi, du principal parti d'opposition, le Parti démocrate constitutionnel (PDC), a mis en garde contre les retards potentiels dans l'approbation de ce budget en raison de la dissolution anticipée.
"Nous allons demander une réduction des taxes de consommation pour répondre visiblement à l'inflation", a-t-il affirmé, tandis que Takaichi vise à consolider son mandat en avançant une politique budgétaire expansive, malgré une dette qui pourrait dépasser 230% du PIB d'ici l'exercice 2025.
Les marchés réagissent déjà à cette promesse d'allègements fiscaux, les rendements des obligations souveraines ayant grimpé à des niveaux records, signe d'une inquiétude croissante parmi les investisseurs.
Dans ce climat, la Banque du Japon annonce ce vendredi une décision de politique monétaire après plusieurs hausses de taux directeurs pour maîtriser l'inflation. Bien que le statu quo soit anticipé, ses déclarations sur les turbulences du marché seront suivies de près.
Mobilisation de l'opposition
Face à la puissance du PLD, qui dirige le Japon sans interruption depuis 1955, les forces d'opposition se structurent. Le PDC, en coopération avec le petit parti bouddhiste Komeito, a formé une "Alliance centriste pour la réforme". Les analystes estiment toutefois que, malgré une éventuelle compétition serrée, les chances de victoire de l'opposition demeurent faibles.
Cela dit, les jeunes électeurs pourraient jouer un rôle décisif. Selon un sondage récent, Takaichi bénéficiait d'un soutien de près de 90% chez les moins de 30 ans, soulignant l'importance de mobiliser cette tranche d'âge pour atteindre les urnes.
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