Une attaque israélienne a visé un hôtel au cœur de Beyrouth ce dimanche. C'est la première fois depuis le début des raids ciblant principalement les bastions du Hezbollah, faisant grimper le bilan à près de 400 morts, selon des sources officielles libanaises.
Le Hezbollah, ressentant l'intensité de ces frappes, a réagi en s'attaquant au nord d'Israël, ciblant notamment la base navale de Haïfa et revendiquant l'emploi de drones contre la ville de Nahariya, comme le rapportent nos confrères de Le Monde.
Est-ce un tournant dans ce conflit latent ? L'armée israélienne a annoncé la perte de deux soldats dans le sud du Liban, ses premières pertes signalées depuis le lancement de cette offensive. Ce climat particulièrement tendu fait suite à une revendication du Hezbollah d'attaques à l'encontre d'Israël, en réaction à la mort d'Ali Khamenei, guide suprême iranien.
Israël a intensifié ses bombardements, frappant particulièrement la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, mais aussi l'est du pays et le sud, où des pertes humaines s'accumulent. Les récents rapports évoquent au moins 11 victimes dans un seul village.
Selon le ministre libanais de la Santé, Rakan Nassereddine, le dernier bilan fait état de 394 personnes tuées, dont 83 enfants, en seulement une semaine de frappes incessantes.
Alors qu'Israël appelle à l'évacuation des populations d'une vaste zone entre sa frontière et le fleuve Litani, de nombreux habitants choisissent de rester, craignant de rejoindre les milliers de déplacés se réfugiant à Beyrouth.
Le quartier de Raouché, frappé récemment, est en proie à l’angoisse. Une frappe nocturne sur l’hôtel Ramada a fait quatre morts et blessé dix personnes. Abou Hussein, un chauffeur de taxi de 45 ans, témoigne : "J'avais fui la banlieue sud pour être en sécurité avec mes enfants. Maintenant, je n'ai plus confiance, même ici, il n’y a aucun endroit sûr".
Cette frappe a marqué la première attaque au cœur de Beyrouth depuis le début de cette escalade. La ville, qui accueille de nombreux réfugiés, devient un lieu de désespoir.
L'armée israélienne a déclaré avoir ciblé des commandants clés des Gardiens de la Révolution iranienne impliqués au Liban. Une source sécuritaire anonyme a rapporté que des ambulanciers du Hezbollah ont extrait des corps des lieux de l’attaque.
Les tensions dans la région s'accentuent avec l'annonce d'une évacuation de 117 Iraniens, incluant diplomates et agents, vers la Turquie, afin de minimiser l'influence des Gardiens de la Révolution, selon une source de sécurité libanaise.
Au sud, une frappe a également causé au moins 11 morts dans le village de Sir al-Gharbiyé, déclenchant des scènes de panique et de désolation. Les secouristes continuent de rechercher d'éventuelles victimes sous les décombres.
Des dégâts considérables sont visibles partout, alors qu'un porte-parole militaire israélien déclare que l'armée a ciblé environ 600 installations du Hezbollah, tuant près de 200 membres de ce groupe. En revanche, le ministre libanais de la Santé insiste sur le fait que de nombreux civils ont été pris pour cible, signalant également la mort de neuf secouristes.
Vendredi dernier, une opération audacieuse des forces israéliennes a tenté de récupérer les restes d'un aviateur disparu depuis 1986, mais a coûté la vie à 41 personnes dans le village de Nabi Chit, comme rapporté par les médias locaux.







