Amnesty International a récemment publié un rapport inquiétant sur la situation des femmes et des filles à Gaza, les qualifiant de "au bord du précipice". Malgré un accord de cessez-le-feu en octobre 2025, les hostilités persistent et aggravent la crise humanitaire.
Les conséquences dévastatrices de l'agression israélienne ont conduit à un effondrement alarmant des structures de santé, mettant en péril la vie de nombreuses Palestiniennes. Le rapport souligne que celles-ci souffrent de blessures "aggravées et potentiellement mortelles", exacerbées par l'insécurité alimentaire, les déplacements forcés, et les restrictions drastiques sur l'aide humanitaire.
Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty, souligne l'"érosion systématique" des droits des femmes, allant jusqu'à dénoncer un "acte de guerre délibéré" à leur encontre, une continuité d'un génocide au regard des normes internationales. Ce rapport s'appuie sur des témoignages récents, notamment ceux de 41 femmes déplacées, dont plusieurs souffrent de problèmes de santé sévères. Les intervenants médicaux ont rapporté une augmentation "exponentielle" des cas de complications maternelles et néonatales, avec des infrastructures sanitaires quasiment au bord de la rupture, près de 60 % des établissements de santé étant inopérants selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
L’alerte de l’ONU sur la situation à Gaza
Les unités néonatales de Gaza opèrent à plus de 170 % de leur capacité, souvent avec des nouveau-nés placés dans la même couveuse. Les pénuries de médicaments, avec 46 % des essentiels en rupture, poussent les professionnels de la santé à réutiliser du matériel jetable ou à employer des anesthésiques périmés.
Les Nations unies ont alerté que d'ici mi-octobre 2026, près de 37 000 femmes enceintes et allaitantes pourraient souffrir de malnutrition aiguë. Des témoignages poignants, comme celui de Hind, 22 ans, qui a donné naissance à un bébé prématuré à la suite d'une grossesse compliquée en raison de la malnutrition, dressent un tableau alarmant de la situation actuelle.
Les femmes ayant des maladies chroniques sont également sévèrement affectées, avec plus de 18 500 d'entre elles nécessitant des soins médicaux urgents. Actuellement, aucun hôpital à Gaza n'offre de radiothérapies, et les evacuations médicales sont totalement arrêtées en raison de la fermeture des points de passage depuis les tensions exacerbées entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
L’appel d’Amnesty aux États et à Israël
Amnesty International a également mis en lumière les défis rencontrés par les organisations humanitaires, dont Médecins Sans Frontières, menacées de suspension d'opération. Malgré un cessez-le-feu abordé depuis octobre 2025, les statistiques révèlent que environ 630 décès ont eu lieu depuis, dont 202 enfants, révélant l'impact profond et continu de ce conflit.
Face aux "catastrophes en cascade" décrites par le rapport, Amnesty exhorte les gouvernements à demander à Israël de lever le blocus pour permettre un accès vital aux soins et répondre aux besoins humanitaires pressants de la population de Gaza.







