Une récente enquête menée par l’Organisation des Nations Unies (ONU) a accusé la Russie d’avoir commis des « crimes contre l’humanité » en déportant des milliers d’enfants ukrainiens dès le début de sa guerre contre l’Ukraine. Ce constat a été mis en lumière dans un rapport rendu public mardi dernier.
Selon les conclusions de la commission d’enquête, les autorités russes ont « déporté et transféré illégalement des enfants » et ont « indûment retardé leur rapatriement », aggravant ainsi une situation déjà tragique. Le gouvernement ukrainien estime que près de 20 000 enfants ont été déplacés de force depuis le commencement de l’invasion en février 2022.
La commission a été établie peu après le début du conflit pour rechercher des violations des droits humains et a déclaré que « les éléments de preuve recueillis amènent à conclure que les autorités russes ont commis des crimes contre l’humanité », y compris le transfert forcé et la disparition d’enfants.
Actuellement, la situation est au cœur des discussions sur un éventuel accord de paix entre Moscou et Kiev. Tandis que la Russie affirme avoir déplacé certains enfants pour leur sécurité, la commission insiste sur le fait que le droit international exige que ces evacuations soient « temporaires et motivées par des raisons impérieuses ». Environ 80 % des enfants déplacés dans les cas examinés n'auraient pas effectué leur retour.
Des retours entravés
Les enquêteurs ont révélé que la Russie a mis en place une politique systématique pour empêcher le retour de ces enfants, impliquant même des décisions au plus haut niveau de l'État. Le président Vladimir Poutine est directement accusé d'avoir facilité ces actions. Les adoptations et placements de longue durée ont été priorisés, laissant les familles dans l'ignorance de l'état de leurs enfants.
En décembre 2025, l'Assemblée générale de l'ONU a demandé le retour immédiat des enfants « transférés de force » en Russie suite à une résolution non contraignante. En outre, la Cour pénale internationale a émis un mandat d'arrêt contre Poutine pour la déportation illégale d’enfants.
Le rapport ne se limite pas seulement aux enfants ; il aborde également des violations plus larges concernant les droits des civils et des prisonniers, signalant des abus et tortures dans les détentions, ainsi que la violence au sein de l’armée russe, révélée par des déserteurs. Dans un contexte de situation de guerre, la commission a mis en évidence le risque de violations des droits liés aux activités de collaboration avec l’ennemi en Ukraine, tout en dénonçant des procédures de mobilisation militaire non conformes aux droits humains.







