L'île de Kharg, un site au cœur des ambitions géopolitiques, est le terminal pétrolier par lequel transite 90 % desexportations de pétrole iranien. Avec des rumeurs évoquant des plans pour son contrôle, les regards se tournent vers cette île située à 25 kilomètres des côtes iraniennes.
Ce terminal, essentiel pour l'économie iranienne, reçoit le pétrole des champs producteurs situés dans le sud-ouest de l'Iran. Environ 480 km séparent Kharg du détroit d'Ormuz, une position stratégique pour le transport de l'or noir. Des géants du secteur, comme TotalEnergies, y font régulièrement escale.
Si cet îlot venait à être attaqué, l'Iran se verrait incapable d'exporter son pétrole, ce qui pourrait entraîner une crise économique majeure. En dépit de son importance, l'île est restée jusqu'alors épargnée par des frappes israélo-américaines, suscitant interrogations et spéculations sur de futures attaques.
L'héritage de la guerre Iran-Irak
Transformée en terminal pétrolier dans les années 1960, Kharg a vu son importance croître, en particulier après la révolution iranienne de 1979. À l'époque, elle était le principal point d'exportation et a été le théâtre de nombreux bombardements irakiens cherchant à contrer l'économie iranienne durant la guerre Iran-Irak.
Malgré les dommages subis, l'Iran a su restaurer rapidement ses infrastructures, se débrouillant pour maintenir un certain volume d'exportations, même en déplaçant une partie des activités vers d'autres ports mieux défendus.
Les enjeux actuels
Avec les récents développements, l'île se retrouve une fois de plus sous les projecteurs. D'après un rapport du cabinet Kpler, près de 18 millions de barils de brut sont actuellement stockés sur Kharg, représentant une réserve temporaire d'une dizaine de jours d'exportations en conditions normales.
Des personnalités politiques comme Yaïr Lapid, ancien ministre israélien, appellent à détruire les installations pétrolières de Kharg, sentant que cela pourrait déstabiliser le régime iranien. Toutefois, les analystes avertissent que de telles actions pourraient avoir des effets pervers sur l'économie mondiale des énergies, entraînant une flambée des prix du pétrole.
En effet, une éventuelle attaque sur Kharg risquerait de provoquer une montée des prix déjà au-dessus de 100 dollars le baril. Sonia Martinez, économiste, met en garde : "Une telle décision pourrait avoir des répercussions sévères sur l'économie globale, ajoutant une pression supplémentaire sur les marchés."
Par ailleurs, des sources comme Axios rapportent que les États-Unis envisagent des manœuvres pour contrôler l'île sans la détruire, une hypothèse jugée improbable par de nombreux analystes.
En somme, l'île de Kharg est devenue un enjeu majeur dans le tableau complexe des tensions au Moyen-Orient, et sa position stratégique continue de soulever des débats parmi les experts et les décideurs politiques.







