À 13 mois de l’échéance, les ambitions des candidats de la France insoumise et du Rassemblement national rendent déjà le scrutin municipal à caractère national, alors que d'autres partis examinent des alliances stratégiques.
Les élections des 15 et 22 mars s'annoncent comme la dernière grande étape avant l'élection « reine » de 2024. François Kraus, co-auteur d'une étude de l’Ifop pour l’Institut Terram, souligne : « À 13 mois de la présidentielle, on est obligé de lire les résultats des municipales comme un match-test ».
Jordan Bardella, président du RN, et Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, se mobilisent activement pour les municipales, visant la présidentielle. Marine Le Pen aspire à « préparer l’alternance à la présidentielle », tandis que Mélenchon promet de faire de ces élections une base solide pour sa campagne.
Bien que ces partis radicaux soient moins présents dans les exécutifs locaux, ils se concentrent sur les sénatoriales et la constitution des parrainages pour la présidentielle, comme l'affirme Kraus.
Stratégies et alliances : enjeux pour le PS et LR
Les formations traditionnelles, telles que le Parti socialiste et Les Républicains, se préparent à la suite des municipales en considérant des alliances cruciales pour le second tour. Cela pourrait aboutir à des ententes entre LFI et d'autres partis de gauche, ou entre le RN et LR, révélateurs des dynamiques électorales pour 2027.
Gilles Finchelstein, expert et co-auteur d’une étude d’Ipsos pour Le Monde, s’inquiète : « Comment une victoire du RN dans le sud-est pourrait-elle amorcer une union de la droite et de l’extrême droite ? » Quant à la gauche, un rapprochement entre le PS et LFI demeure envisageable, malgré de récents conflits.
La dynamique s'avère similaire à droite, où le RN, montant dans les sondages, pousse à l’idée d’un candidat commun. Actuellement, le camp présidentiel reste discret, bien que des figures comme Édouard Philippe, candidat à Le Havre, investissent beaucoup dans ces élections locales.
Fabien Roussel, candidat communiste, joue également son avenir à Saint-Amand-les-Eaux, face à la menace RN.
Une montée du RN sur la Côte d'Azur ?
Les enjeux nationaux se font particulièrement ressentir dans les grandes villes. À Paris, les résultats seront probablement déterminés entre Emmanuel Grégoire, représentant de la gauche hors LFI, et Rachida Dati, soutenue par LR et le MoDem. Si Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons, maintient sa participation, cela pourrait compliquer les plans du camp socialiste.
François Kraus note qu'une forte présence du RN sur la Côte d’Azur ou une victoire d'Éric Ciotti, allié du RN, pourrait nuire aux ambitions présidentielles de Bruno Retailleau, chef de LR. À Marseille, la situation est tout aussi tendue, où Benoît Payan pourrait être jugé par le soutien des républicains.
Avec AFP
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