Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a réaffirmé jeudi son intention de maintenir fermé le détroit d'Ormuz, un point névralgique du commerce mondial du pétrole, ce qui a conduit à une flambée des prix du brut. Cette déclaration survient dans un contexte de tensions exacerbées suite aux récents bombardements israélo-américains contre l'Iran.
Désigné à la tête de l'Iran après la mort de son père, Ali Khamenei, dans le cadre des attaques, Mojtaba Khamenei a expressément déclaré vouloir "venger" le sang de ceux qui ont été victimes des hostilités. Sa première apparition depuis sa nomination a eu lieu de manière virtuelle, via un message diffusé par la télévision nationale.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a alerté sur ce qui pourrait être la "plus grande perturbation" jamais enregistrée des approvisionnements pétroliers mondiaux, un développement qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour l'économie mondiale. En réponse, les Gardiens de la Révolution, force militaire idéologique, ont menacé des représailles contre les intérêts occidentaux.
Les impacts de la guerre se font également sentir sur la production pétrolière régionale. Le géant énergétique TotalEnergies a révélé qu'il pourrait suspendre jusqu'à 15% de sa production mondiale, dont une part significative provient des Etats du Golfe. Ce gel de l'approvisionnement pèse lourd sur les marchés, faisant grimper les prix à des niveaux record.
Le détroit d'Ormuz est pratiquement immobilisé, avec l'Iran affirmant qu'il est de facto sous son contrôle, juste avant que 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial n'y transitent. Le commandant des forces navales, Alireza Tangsiri, a promis de maintenir le détroit fermé sur ordre de leur "commandant en chef" Khamenei.
Le gouvernement iranien a cependant laissé entendre qu'il pourrait permettre certains navires de pays jugés non hostiles de passer, alors que les tensions restent élevées. Majid Takht-Ravanchi, vice-ministre des Affaires étrangères, a affirmé que Téhéran a travaillé en étroite collaboration avec plusieurs pays sur cette question tout en niant les accusations de placements de mines dans le détroit.
Des explosions ont été signalées au large des côtes du Golfe, touchant des infrastructures vitales telles que les réserves de pétrole à Bahreïn et des sites en Arabie saoudite, tandis que les attaques de pétroliers se multiplient. Au total, six navires auraient été attaqués en moins de 48 heures, aggravant ainsi les préoccupations sécuritaires.
Pour la population locale, la vie quotidienne est marquée par l'incertitude. Une habitante a déclaré à l'AFP : "On peut encore faire nos courses, mais les frappes sont difficiles. La seule issue, c'est l'intervention étrangère pour changer le régime qui nous opprime." Ce sentiment est partagé alors que 3,2 millions d'Iraniens ont été déplacés depuis le début du conflit, selon le HCR.
L'économiste Pierre Razoux a indiqué que l'Iran, désormais dans une position désespérée, pourrait continuer à mener une guerre d'usure contre les Etats-Unis et leurs alliés. Les coûts économiques pour les États-Unis sont également préoccupants, une étude du New York Times mettant en avant des pertes atteignant 11 milliards de dollars durant la première semaine du conflit.







