Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a atterri à Paris vendredi pour discuter avec Emmanuel Macron des moyens d'intensifier la pression sur la Russie, alors que le conflit au Moyen-Orient attire l'attention mondiale.
"Le président est déjà à Paris", a annoncé le porte-parole de Zelensky, Sergiï Nykyforov, aux journalistes, incluant l'AFP.
Emmanuel Macron souhaite par cette rencontre "démontrer" que la crise israélo-palestinienne ne détournera pas l'attention de la situation en Ukraine, et que la Russie "se trompe" si elle espère en tirer profit.
C'est la douzième visite de Zelensky en France depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022. Cette visite fait suite à un passage en Roumanie, et a pour objectif d'"éviter absolument" un "effet d'éclipse" dont la crise iranienne pourrait être la cause. C'est ce qu'a souligné l'Élysée auprès des journalistes.
Le conseiller du président français a affirmé : "Le message-clé est de montrer qu'aucune crise ne détournera notre attention de l'Ukraine, pour laquelle le soutien de la France, notre partenaire fiable, ne diminue pas. "
En réponse à ceux qui, notamment au Kremlin, croient que les bouleversements en Iran pourraient leur donner un avantage, ce conseiller a insisté sur le fait qu'il était essentiel d'apporter une démonstration collective de solidarité.
- Nouvelles négociations -
La présidence russe a réagi en qualifiant cette visite de manœuvre ukrainienne pour retarder un règlement pacifique du conflit. Les États-Unis ont proposé des négociations sous leur médiation pour la semaine prochaine.
La présidence française a rétorqué que "la seule entrave à la paix aujourd'hui est la Russie".
Zelensky est attendu à l'Élysée pour un entrevue suivie d'une conférence de presse et d'un déjeuner de travail. Dans l'après-midi, il participera aussi à un échange avec des étudiants à Sciences-Po.
Les deux dirigeants mettront en avant l'expertise développée par Kiev face aux drones iraniens utilisés par l'armée russe, qui prennent une dimension nouvelle face aux représailles de Téhéran contre diverses cibles au Moyen-Orient, selon des sources de l'Élysée.
Lors d'une récente visite à Bucarest, Zelensky a signé avec Nicusor Dan, son homologue roumain, une déclaration d'intention pour la production conjointe de drones. Paris et Kiev avaient déjà établi une coopération sur ce sujet en fin 2025.
Des spécialistes militaires ukrainiens ont également été envoyés dans plusieurs pays du Golfe pour partager leur expérience dans l'interception de drones iraniens, avec l'intention de collaborer également avec des nations européennes, un mouvement salué par l'Élysée.
- Blocage -
La question de l'aide à l'Ukraine, notamment un prêt de 90 milliards d'euros de l'Union européenne promis en décembre dernier, sera également au programme. Les premiers décaissements sont actuellement bloqués par la Hongrie, qui demande la réouverture rapide de l'importation de pétrole russe via l'oléoduc Droujba, réputé endommagé par Moscou, selon les autorités ukrainiennes.
Zelensky a exprimé à Politico son souhait de voir l'Europe mettre en place un "plan B" si la situation ne s'améliore pas avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban, proche de la Russie. Ce sujet sera discuté lors d'un sommet de l'UE la semaine prochaine à Bruxelles.
Le conseiller d'Emmanuel Macron a souligné : "Nous préférons toujours les plans A aux plans B ou C." L'accord conclu en décembre doit être mis en œuvre pour permettre les premiers décaissements très bientôt.
Enfin, Macron présentera à son homologue ukrainien les résultats d'une visioconférence du G7, où un consensus s'est dégagé pour ne pas lever les sanctions sur le pétrole russe, malgré les turbulences liées au conflit au Moyen-Orient. Cependant, le ministère américain des Finances a récemment donné son feu vert temporaire à la vente de pétrole russe stocké sur des navires, une mesure valide jusqu'au 11 avril.







