Dans un climat de tension extrême, Téhéran a été de nouveau secoué par de puissantes explosions ce vendredi, marquant le 14e jour d'un conflit entrouvert où plusieurs hauts responsables iraniens se sont joints à des manifestations publiques pour afficher leur défiance envers les États-Unis et Israël.
Les chaînes de télévision d'État ont diffusé des images montrant le chef de la sécurité nationale, Ali Larijani, et le président Massoud Pezeshkian, déambulant au milieu d'une foule en soutien aux Palestiniens, malgré la violence qui s'est intensifiée dès les premières heures de la journée.
Les explosions, entendues tout près de la capitale, ont causé la mort d'une femme, selon les informations de l'agence officielle Irna. La présence de figures politiques majeures lors de cet événement public, notamment celle du chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, contraste avec l'absence du nouveau guide suprême irakéen, Mojtaba Khamenei, qui n'a pas fait d'apparition publique depuis sa nomination.
Ali Larijani a affirmé devant les caméras que "Trump ne comprend pas la détermination et la force du peuple iranien“. Ses paroles résonnent alors que le pays fait face à une crise humanitaire, avec plus de trois millions de personnes désormais déplacées selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Une résidente de Kermanshah, décrivant l'état d'esprit des habitants, a déclaré à l'AFP : "La population est extrêmement tendue et révoltée" à cause des rationnements alimentaires aggravés par les frappes. Les États-Unis et Israël, qui auraient ciblé plus de 15 000 objectifs depuis le début des hostilités, intensifient leur offensive tout en menaçant les infrastructures iraniennes.
Dans un contexte où la tension s'étend au Liban, où l'armée israélienne a poursuivi ses bombardements, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à un cessez-le-feu immédiat.
De plus, le conflit a généré des victimes parmi les forces étrangères, dont un soldat français tué par un drone dans le Kurdistan irakien. L'armée américaine a également rapporté la perte de quatre membres d'équipage suite à un incident technique en Irak.
Les attaques se multiplient dans le Golfe, alors que des explosions ont été signalées jusqu'aux Émirats Arabes Unis et à Oman, où deux personnes ont trouvé la mort. Ce climat de violence et d'incertitude s'accompagne d'un impact économique mondial significatif, en particulier dans le secteur pétrolier.
Le nouveau guide suprême iranien a insisté sur le potentiel de son pays à perturber les marchés, notamment en continuant à bloquer le détroit d'Ormuz, par où transite une part importante de l'approvisionnement pétrolier mondial. Cette situation a entraîné des augmentations de tarifs pour plusieurs compagnies aériennes et une crise de l'énergie dans d'autres régions comme le Népal.
Alors que Donald Trump persiste à qualifier l'Iran de "régime terroriste", ses tentatives de contenir la flambée pétrolière, qui a vu le baril de Brent atteindre des sommets, incluent l'assouplissement récent des règles sur la vente de pétrole russe, une décision controversée qui a suscité l'inquiétude au sein de l'Union européenne.







