Autrefois, les organisations patronales faisaient front contre l'extrême droite, mais le paysage semble changer. De plus en plus de chefs d’entreprise s’affichent ouvertement avec le Rassemblement national (RN), marquant un tournant inattendu dans les relations politiques en France.
Le PDG d'Airbus, Guillaume Faury, a récemment déclaré : "Je les vois au salon du Bourget et je suis prêt à les revoir s'ils en font la demande". Cette remarque, faite le 10 décembre 2025 sur France Inter, a pris une tournure concrète moins d'un mois plus tard. Le 8 janvier 2026, Jordan Bardella, président du RN, a été reçu par Faury dans les bureaux d'Airbus à Paris. Bien que l'entreprise ait choisi de ne pas communiquer sur cette rencontre, cette connexion souligne un intérêt croissant des milieux d'affaires pour le RN.
Cette situation suscite des interrogations, notamment sur la perception des idées du RN au sein du monde professionnel. D’après un article de France Info, le déjeuner de Bardella avec le Medef pourrait être interprété comme une démonstration supplémentaire de ce rapprochement. Pour de nombreux experts, comme Jean-Michel Severino, ancien directeur de l’AFD, cela représente un changement stratégique, car le RN pourrait, sous certaines conditions, offrir un discours plus business-friendly. "Le RN surfe sur des vagues profondes de mécontentement populaire et pourrait se voir comme un acteur du changement pour certains dirigeants," affirme-t-il.
Ce phénomène n’est pas isolé : d'autres entreprises, comme celles du secteur énergétique, commencent également à envisager une coopération avec le RN, palpant les opportunités que ce rapprochement pourrait engendrer en matière de politique économique. La question se pose : cette tendance est-elle un simple phénomène passager ou marque-t-elle une nouvelle ère de collaboration entre la droite populiste et les élites économiques en France ?







