Depuis le 25 avril, le Mali est en proie à une vague d’attaques coordonnées, orchestrées par des groupes jihadistes et des rebelles, visant plusieurs villes simultanément. Ces agressions affaiblissent la junte militaire qui a pris le pouvoir en 2020 et ses alliés russes, notamment l'Africa Corps, en place depuis le retrait des forces françaises.
Les revers militaires, comme la perte de Kidal, symbolisent une détérioration significative de la situation, conduisant le porte-parole du Front de libération de l’Azawad (FLA) à prévoir la chute inévitable de la junte. Les groupes armés montrent une capacité de coordination de plus en plus affûtée, mettant en lumière un conflit qui semble s’aggraver avec le temps.
Les rebelles, principalement issus des communautés touarègues, peules et arabes, ont revendiqué la capture de Kidal, une ville stratégique, forçant les paramilitaires russes à reculer. Ce revers constitue à la fois une défaite militaire et une grave atteinte au modèle de gouvernance soutenu par Moscou.
Michel Galy, politologue et chercheur au CECLS, insiste : « La perte de Kidal est un coup dur pour la junte. Cependant, des contre-attaques de l'armée malienne et de l'Africa Corps sont prévues, bien que leur efficacité reste à confirmer. »
La présence militaire russe, autrefois vue comme un renfort, est désormais questionnée. Historique de soutien aux opérations maliennes contre les jihadistes, le groupe Wagner a laissé place à une composante officielle du ministère russe de la Défense après la mort de son leader en 2023. Cependant, leurs méthodes, qui incluent des exactions contre les populations locales, soulèvent des préoccupations sur l’impact de leur présence au Mali.
Les rapports d’institutions comme Human Rights Watch et Amnesty International documentent des violations graves des droits des civils. De plus, l’historique de tension entre les différentes communautés maliennes, notamment entre les Touaregs et les Malinkés, augmente la complexité de la situation. Des experts suggèrent qu’une partie de la population pourrait remettre en question son soutien envers les forces russes, surtout face à la spirale de violence actuelle.
Concernant la stratégie de la Russie, les forces d’Africa Corps se retirent vers le sud, négociant avec les autonomistes touaregs pour sécuriser les centres de pouvoir au Mali. Leur ambition, selon les analystes, est de reconquérir le nord tout en faisant freiner l’effritement de leur influence sur le terrain.
Dans ce cadre, la France, qui suscite toujours des soupçons d’improbables soutiens aux opposants, semble, pour l'heure, absente de toute intervention militaire significative.
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