Ce 9 mai, comme chaque année, la Russie a commémoré sa victoire sur l'Allemagne nazie. Pourtant, cette célébration a été marquée par une parade à Moscou bien moins ostentatoire qu'à l'accoutumée. Cette réduction témoigne des difficultés auxquelles le Kremlin est confronté, un constat partagé par de nombreux médias internationaux.
Un "mini-défilé dans une sombre place rouge", comme le mentionne le quotidien italien La Repubblica. The Guardian a également souligné la "parade restreinte", tandis que le New York Times a évoqué un "jour de la victoire moins musclé", pointant du doigt la "vulnérabilité grandissante de Vladimir Poutine".
A travers le monde, la même tendance se dessine. La parade annuelle, symbole de fierté nationale, a été assombrie par des inquiétudes quant à d'éventuelles attaques ukrainiennes. Selon La Repubblica, les récentes capacités démontrées par l'Ukraine en matière de drone ont incité à un plan de sécurité renforcé. Une trêve récemment annoncée par Donald Trump, qui semble être une concession à Kiev, a également mis en lumière la précarité de la situation actuelle.
Les traditionnels défilés militaires, qui exhibaient fièrement tanks et missiles, ont été remplacés cette année par une vidéo mettant en avant les capacités militaires de la Russie. La parade a duré environ 45 minutes, soit deux fois moins que les années précédentes. Malgré ces restrictions, Poutine a pris la parole, louant le courage des soldats de la Seconde Guerre mondiale et promettant une victoire contre l'OTAN. Cependant, ce discours, bien qu'assuré, ne cache pas le "moment de grande vulnérabilité" que traverse le président, selon The Guardian.
“Pas de volonté d’arriver à un compromis”
Le quotidien progressiste renseigne sur le moral en baisse de la population russe, exacerbée par des coupures massives d'Internet avant le défilé. La cote de popularité de Poutine est en chute libre et l'économie, elle, montre des signes d'essoufflement. The Guardian déplore une inflation galopante, accompagnée d'un déficit budgétaire alarmant, ainsi qu'une situation militaire à l'impasse en Ukraine.
Depuis le début de la guerre, Poutine a fait face à divers défis, tels que la contre-offensive de l'Ukraine et la mutinerie d'Evgueni Prigojine. Malgré les signes de mécontentement croissant, la politologue Tatiana Stanovaya prévient dans le New York Times : "Poutine sait être patient au milieu de la tempête. Il peut attendre longtemps avant de passer à l'action."







