Dans le cadre de son procès en appel, le parquet général a sollicité la condamnation de Nicolas Sarkozy pour association de malfaiteurs, le qualifiant d'"instigateur" d'un projet de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.
"Sans lui, ces transactions n'auraient eu aucune portée". Le 11 mai, lors des réquisitions, l'ancien président de la République a été défendu par le parquet devant la cour d'appel de Paris. En effet, Sarkozy est de nouveau dans la tourmente judiciaire depuis près de deux mois, à propos des accusations de financement libyen de sa campagne de 2007. Bien que la cour d'appel ait réduit son regard sur le parquet, une chose est claire : le verdict pourrait avoir des répercussions considérables.
Lors de la première instance, Sarkozy avait écopé de cinq ans de prison ferme pour ce délit d'association de malfaiteurs, bien qu'il ait été relaxé sur trois autres infractions. Les tribunaux avaient estimé qu'il avait laissé des collaborateurs de confiance, tels que Claude Guéant et Brice Hortefeux, contacter Abdallah Senoussi, figure centrale dans le régime de Kadhafi, en 2005. Ce dernier, présenté par le ministère public comme un "terroriste", est une figure emblématique d'une tragédie ayant coûté la vie à 170 individus en 1989.
Rien n'a changé, sinon l'intrigue
Le parquet, avec la voix de l'avocat général Damien Brunet, a clarifié son point de vue en soulignant que Nicolas Sarkozy a joué un rôle actif, plus qu'un simple spectateur lors des rencontres avec des dignitaires libyens. "Ces conversations n'étaient pas improvisées", a-t-il déclaré, faisant référence à une visite en Libye réalisée par Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, en 2005. Une visite qui avait fait l'objet d'une préparation scrupuleuse.
"Alors que l'opportunité de stopper la corruption se présentait, elle n'a pas été saisie. Le pacte de confiance entre l'État et le peuple a été gravement menacé", a continué Brunet, soulignant la gravité des faits reprochés.
Validation des accusations par d'anciens collaborateurs
Brunet a également demandé des sanctions pour Claude Guéant et Brice Hortefeux, affirmant qu'ils avaient contribué activement à l'association de malfaiteurs. "Hortefeux a planifié des rencontres avec un terroriste", a-t-il affirmé, tandis que Guéant est décrit comme "la plaque tournante" de ce schéma. Selon le parquet général, Guéant était au cœur de cette machination, représentant Nicolas Sarkozy dans toutes les négociations.
À l'issue de la première instance, Brice Hortefeux avait été condamné à deux ans de prison avec un bracelet électronique, tandis que Claude Guéant avait été condamné à six ans de prison mais n'a pas purgé sa peine en raison de problèmes de santé. Bien que Guéant n'ait pas assisté à l'audience d'appel, son avocat a présenté des preuves qui compromettent davantage la défense de Sarkozy. "Claude Guéant a donc affermi notre argumentation", a indiqué le ministère public.
Un malaise social palpable
Avant de se plonger dans la question de l'association de malfaiteurs, Rodolphe Juy-Birmann, un autre avocat général, a pris un moment pour évoquer la démocratie et l'essence même de la gouvernance. "La volonté du peuple est la pierre angulaire de nos institutions", a-t-il affirmé, déplorant un "sentiment d'amertume et de résignation" croissant au sein de la société française face à des affaires aussi sévèrement controversées.
"Aucune course à l'élection ne justifie la moindre compromission."
Rodolphe Juy-Birmann, avocat généraldans ses réquisitions







