Alors que l’inflation a enregistré une hausse de 2,2 % en avril, selon l’Insee, la Banque de France élabore plusieurs scénarios concernant l'évolution des prix jusqu'en 2026. Si un scénario dégradé devait se concrétiser, cela pourrait inciter la Banque centrale européenne (BCE) à relever ses taux directeurs pour contenir l'inflation.
Une question se pose : l'inflation actuelle, alimentée par la crise énergétique, est-elle comparable à celle de 2022 ? "Il ne s'agit pas de la même situation, car nous partons d'un niveau d'inflation plus bas", explique la directrice de la Banque de France pour l’Occitanie. En effet, avant la guerre en Ukraine, l'inflation était déjà au-dessus de 2 %, tandis qu'en 2025, la France affichait un taux de 1 %.
La crise actuelle concerne principalement l'énergie, contrairement à 2022 où les prix des céréales avaient également fortement grimpé. En termes de consommation, l'énergie ne représente que 4 % du panier moyen des ménages, tandis que l'alimentation y contribue à hauteur de 18 %. Ainsi, l'inflation primaire totalisant 27 % du panier, 73 % relève de l'inflation sous-jacente, incluant des biens manufacturés et des services.
La question se pose alors : cette inflation, d'origine énergétique, va-t-elle s'étendre aux autres secteurs ? En avril 2026, l’Insee anticipe un taux d’inflation de 2,2 %, provoqué par une forte poussée des prix de l'énergie. Pour l’instant, les répercussions sur d'autres secteurs demeurent limitées ; les prix des produits manufacturés continuent de baisser. En revanche, les prix alimentaires n’augmentent que de 1,3 %.
Cependant, de nombreuses entreprises ressentent déjà l'impact des hausses de coûts. Celles qui dépendent fortement des prix du carburant, comme les transporteurs, doivent composer avec des charges croissantes. Néanmoins, elles ont la possibilité de répercuter ces hausses sur leurs tarifs. Les secteurs moins exposés à ces variations, qui représentent 5 % de leurs coûts, ne peuvent pas toujours ajuster leurs prix sans craindre une perte de clientèle.
En ce qui concerne l'impact sur les prix, les avis divergent. Certains secteurs, confrontés à une concurrence féroce, hésitent à augmenter leurs tarifs. Entre 15 et 20 % d’entre eux envisagent des hausses à court terme, tandis que d'autres profitent d'une situation favorable pour relever leurs prix, notamment dans le secteur des services.
À quoi s'attendre pour l'inflation en 2026 ? La Banque de France établit un scénario de base à 1,7 %, un scénario médian à 2,5 % et un scénario défavorable à 3,3 %. Si les prix du baril de pétrole atteignaient entre 150 et 200 dollars, la BCE serait contrainte de revoir à la hausse ses taux directeurs.
Pour suivre ces évolutions économiques, les experts recommandent une vigilance accrue et un ajustement constant des stratégies face aux fluctuations du marché.







