"La façon dont nous protégeons les victimes est une défaillance grave de notre système", a déclaré Gérald Darmanin, lors d'une audition devant la commission d'enquête sur le traitement judiciaire des violences incestueuses.
Le ministre de la Justice a dressé un constat amer sur la situation en France. Mercredi, devant les députés, il a qualifié le système judiciaire français de "scandaleux" et "délirant", soulignant ses lenteurs et ses traumatismes secondaires infligés aux victimes mineures, comme rapporté par LCP. Chaque année, 160 000 enfants subissent des violences sexuelles, dont environ 77 % sont perpétrées dans le cadre familial selon la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise).
Darmanin a exprimé sa volonté de réformer le système, proposant de créer une "ordonnance de sûreté" afin de protéger un enfant dont un parent est sous enquête pour violences. Il a insisté sur l'importance de la rapidité d'intervention de la justice : "N'importe quel père bien intentionné peut comprendre qu'il ne doit pas voir son enfant durant quelques semaines pour lever les doutes", a-t-il affirmé. Cette initiative sera incluse dans le projet de loi sur la protection de l'enfance qui pourrait être présenté prochainement.
Le ministre prêt à débattre de la dépénalisation de la non-présentation d'un enfant
En outre, Darmanin a annoncé son intention de créer 200 à 300 nouveaux postes pour magistrats spécialisés dans les affaires d'enfants. Il a également plaidé pour l'imprescriptibilité des crimes commis sur les mineurs, rappelant que le processus de guérison après un traumatisme peut être long et difficile.
Sur la question délicate des "parents protecteurs", il a noté que les mères qui refusent de confier leur enfant à un père accusé d'inceste s'exposent à des sanctions. Actuellement, la non-représentation d'un enfant est punie d'un an de prison et de 15 000 euros d'amende. "Je n’ai pas encore d'opinion arrêtée sur la dépénalisation de la non-présentation d'enfants, mais je pense qu'il est nécessaire d'ouvrir le débat à ce sujet", a conclu Darmanin. Cette question soulève de nombreuses préoccupations parmi les défenseurs des droits des enfants et des experts en psychologie.







