Dans le cadre d'un débat consacré au projet de loi RIPOST, le député de La France insoumise (LFI) Antoine Léaument a mis en lumière ce qu'il considère comme une "incompréhension" croissante parmi les jeunes face à la saisie de mortiers d’artifice par les forces de l’ordre.
Il a affirmé que la libre vente de certains produits pyrotechniques alimente cette confusion. "Le problème réside dans la communication. Pourquoi autoriser la vente de mortiers si l'on ne précise pas clairement comment et quand les utiliser ?", s’est-il interrogé lors de la discussion. Cette loi vise à renforcer les réponses pénales et administratives face à plusieurs enjeux d’ordre public, notamment les rodéos urbains et l’utilisation détournée de matériel pyrotechnique.
Une scène révélatrice
Léaument a partagé une anecdote observée lors de festivités sportives, soulignant des comportements comme une cohue généralisée où des enfants de dix ans étaient poursuivis par des gendarmes. "Cela ne favorisait pas une excellente compréhension des actions des forces de l’ordre à ce moment-là," a-t-il déclaré.
Il a ajouté qu'une des phrases entendues lors des événements résume bien la situation : "Pourquoi autoriser la vente de ces produits si c'est pour nous dire ensuite qu'ils sont interdits ?" Cette interrogation, selon lui, révèle un déficit d'information crucial dans le cadre de la réglementation actuelle.
Derrière la vente de feux d'artifice, il y a une incompréhension. Ils sont en vente libre, mais il n'y a pas d'information sur la manière de les utiliser.
— Antoine Léaument
Tout en dénonçant l'usage violent de ces matériaux, qui entravent la sécurité publique, Léaument a questionné les objectifs de la loi proposée. "Souhaitez-vous interdire complètement l'utilisation de ces produits pour des activités festives, alors qu'ils sont censés être là pour le divertissement ?" s'est-il demandé, critique à l'égard de la suppression de la mention "destinés au divertissement" dans le code de l’environnement.
Des données préoccupantes
Le gouvernement a évoqué des chiffres alarmants, rapportant qu'au cours des deux dernières années, plus de 3 199 incidents impliquant des feux d'artifice ont été documentés, entraînant 389 interpellations. Une réalité qui témoigne d'une utilisation de ces matériaux bien au-delà de leur cadre légitime. Les experts s'accordent à dire que la régulation stricte est impérative, mais ils soulignent également la nécessité d'une sensibilisation accrue auprès des jeunes, afin d'établir un cadre de responsabilité autour de l'utilisation des artifices.
La complexité de la vente et de l’usage de ces produits rappelle l'importance d'un dialogue clair et d'une information accessible, afin d'éviter que la festivité ne se transforme en un problème de sécurité publique.







