La menace de dissolution de l'Assemblée nationale agite le paysage politique français. En réponse à des motions de censure déposées par le Rassemblement National (RN) et La France Insoumise (LFI), le gouvernement envisage des élections législatives anticipées, potentiellement fixées aux 15 et 22 mars, conjointement aux élections municipales. Bien que cela soit juridiquement faisable, un tel scénario reste sans précédent dans l'histoire politique moderne.
Un calendrier sous pression
La situation est d'ores et déjà délicate. En cas de censure adoptée, Emmanuel Macron disposerait d'un délai de 20 à 40 jours pour organiser de nouvelles législatives. Si la dissolution était prononcée, cela laisserait comme date butoir le 23 février, à peine trois semaines avant les élections prévues. Cette période coïncide avec les vacances scolaires, une période généralement évitée pour tenir des élections, comme le souligne Jean-Philippe Derosier, constitutionnaliste renommé.
Le risque d'une confusion électorale
Au-delà de la logistique, un double scrutin serait susceptible de créer une confusion parmi les électeurs. Les exemples récents, comme les élections régionales et départementales de 2021, sont encore frais dans les mémoires. Cette année, des villes comme Paris et Marseille pourraient voir leurs électeurs glisser jusqu'à trois bulletins dans l'urne, tandis que Lyon pourrait avoir à gérer jusqu'à quatre scrutins. Les implications logistiques sont vastes et préoccupantes, et de nombreux experts, dont des membres du Parti socialiste, expriment des doutes sur la viabilité d'un tel projet. Comme le fait remarquer un député socialiste : « personne n’y croit ».
En somme, ce scénario de législatives anticipées, bien qu'envisagé par le gouvernement, soulève des interrogations sur sa faisabilité, tant sur le plan juridique que logistique. Les enjeux politiques sont grands et nécessitent une réflexion approfondie pour éviter un nouvel échec électoral.







