Les incursions anti-migrants se font de plus en plus fréquentes. Ce week-end, des militants britanniques d'extrême droite s'apprêtent à débarquer à Calais pour cibler non seulement les migrants, mais aussi les associations qui leur apportent du soutien. Leur opération, intitulée "Overlord", fait référence au débarquement de Normandie de 1944, un choix qui soulève des inquiétudes parmi les autorités françaises.
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Des images circulant sur les réseaux sociaux ont été filmées dans le Nord et le Pas-de-Calais. On y voit des militants britanniques, particulièrement actifs l'été dernier près d'une association d'aide aux réfugiés, où ils sont en confrontation directe avec les bénévoles. Sur d'autres vidéos, ces mêmes individus agressent des migrants cherchant refuge dans des lieux publics. Ils justifient leurs actions comme étant un moyen d'empêcher les départs vers l'Angleterre, par exemple en rendant inutilisables des zodiacs.
Durant les six derniers mois, leurs actions se sont multipliées, avec au moins une dizaine d'incursions dans le pays, principalement ciblant des camps. Des migrants craignent de se retrouver de nouveau face à ces groupes. L'un d'eux a exprimé sa peur : "Vous ne savez pas ce qu'il pourrait arriver. S'ils vous trouvent seul, c'est la violence assurée".
Pour contrer cette montée de la violence, les autorités françaises ont déjà interdit l'entrée sur leur territoire à dix Britanniques appartenant au mouvement "Raise the Colours", qui est également actif en Grande-Bretagne via des manifestations anti-immigration marquantes.
Menaces inattendues contre la France
Un des leaders de ce mouvement, Daniel Tommo, a récemment menacé la France d'une "réponse très, très forte" sur les réseaux sociaux après avoir été interdit d'entrée. Il a évoqué l’intention d’organiser des patrouilles sur les dunes du littoral français. Son discours radical soulève des questions sur le niveau d'engagement de ces militants, certains affirmant qu’il pourrait rassembler un nombre considérable de soutiens pour l'opération "Overlord".
Cette projection fait craindre le pire, tant pour les migrants que pour les responsables associatifs sur place. Un des membres d'une organisation d'aide témoigne : "Nous sommes inquiets. On ne sait pas jusqu'où ils sont prêts à aller". Simon, qui suit de près ces événements, précise : "Daniel Tommo cherche des fonds pour des équipements comme des gilets pare-balles, et il clame avoir 20,000 partisans".
Un climat de tension grandissant
Les interrogations sont palpables sur la Côte d’Opale. Alain Boonefaes, adjoint au maire de Gravelines, a déclaré : "Ces groupes n'ont pas à intervenir sur le territoire français. Ils devraient s'occuper de leur propre pays". Les autorités, bien qu’elles restent discrètes sur leurs stratégies, s'attendent à voir un nombre considérable de militants britanniques arriver ce week-end.







