En 2021, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, s'opposait fermement à Éric Zemmour en affirmant qu'il n'y avait pas de « grand remplacement ». Aujourd'hui, il redéfinit son discours en indiquant que son parti représente la France du « grand remplacement ».
Lors d'un meeting à Toulouse, où il soutenait le candidat de LFI pour les élections municipales, Mélenchon a suscité une réaction forte de la classe politique en déclarant que les listes de son parti incarneraient « la nouvelle France, celle du grand remplacement ». Ces mots interpellent, en tant qu'ils rappellent des thèmes souvent associés à la droite nationale.
Renaud Camus, figure controversée, avait introduit cette expression au début des années 2010, faisant référence à un changement démographique que certains associent à l'immigration. Zemmour, quant à lui, avait exprimé sa « crainte » face à l'islamisation de la France durant sa campagne présidentielle de 2021.
« La guerre civile ne nous mènera nulle part et ce n’est pas vrai qu’il y a un grand remplacement »
Ce revirement de Mélenchon semble révélateur d'un changement stratégique plus vaste, amorcé après 2017. Il vise ainsi à mobiliser un électorat jeune et populaire dans les grandes villes et banlieues. Sur France 2, il avait alors averti ses partisans : « Écoutez-moi, la guerre civile ne résout rien. » Au lieu de cela, il mentionnait une « créolisation », un métissage culturel, comme voie d’unité.
Ce repositionnement a suscité l'attention de nombreux analystes politiques. Selon une étude de France Info, cette nouvelle approche pourrait lui permettre de capter une audience plus large, tout en répondant à un besoin pressant d'actualisation de son discours face à la montée des tensions sociales. L'historien et politologue, Jean-Pierre Rioux, souligne : « Mélenchon cherche à résonner avec les craintes d'une partie de la population tout en se projetant comme un rassembleur. »
Ce retournement de situation interroge sur l'évolution de la politique française et les stratégies employées par ses leaders. Alors que la notion de grand remplacement continue de diviser, la question demeure : s'agit-il d'une réelle transformation idéologique ou simplement d'une manœuvre électorale ?







