Comme une main de fer dans un gant de velours. Cette image, souvent utilisée, résume à merveille le chemin politique que vient d'emprunter Sébastien Lecornu. Alors que les héritiers du macronisme semblent vaciller, la question se pose : cet ancien ministre des Armées pourrait-il devenir le candidat de 2027 ? Ce questionnement, qui paraissait lointain il y a peu, résonne désormais avec une insistance croissante. Édouard Philippe rencontre des difficultés dans sa ville de Le Havre, Gabriel Attal peine à s'imposer, et l'éventualité d'un affrontement entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella au second tour de la présidentielle fait frémir le camp démocrate.
Il assure, main sur le cœur et regards posés sur les sondages, qu'il n'envisage pas cette candidature. Cependant, comme le souligne un de ses détracteurs, un Premier ministre en fonction ne peut pas ignorer ces pensées. Dans la sphère politique, Lecornu a su imposer son caractère d'hommes de terrain, en jonglant habilement entre discussions et fermeté. Sa méthode, qui mélange dotations budgétaires et menaces de dissolution, a abouti à un budget validé après un long processus, renforçant ainsi sa position en tant que chef de gouvernement.
Quel que soit son discours, l'issue de cette confrontation budgétaire constitue un tournant décisif pour son avenir. Son utilisation du 49.3 ne s'est pas révélée être un acte autoritaire, mais plutôt une démonstration de maîtrise face à une opposition frustrée. En optant pour la responsabilité plutôt que la simple apparence, Lecornu a su maintenir une stabilité précieuse dans un contexte politique volatile.
Sa personnalité, à la fois ordinaire et sympathique, évoque celle d'un ancien président dit "normal". Loin des tumultes de la gaudriole politique parisienne, on le retrouve le week-end, vêtu de velours côtelé, arpentant le marché de Vernon, sa circonscription, avec quelques poireaux en main. Député dans l’Eure, pourrait-il se préparer à la présidence dans un an ? Avec son style décontracté et sans artifice, Sébastien Lecornu semble incarner une ère politique décalée. Discret et efficace, il offre une authenticité rare dans un paysage souvent tumultueux.
Alors que ses prédécesseurs se débattaient dans des crises de communication, lui a la possibilité de traiter de véritables enjeux : fin de vie, agriculture, défense, logement, décentralisation… Au-delà des apparences d’un Premier ministre pragmatique, l'image du candidat commence ainsi à se dessiner. Dans ce cadre, son récent entretien avec la presse régionale, le premier en plusieurs mois, revêt une importance particulière. Peut-être une première étape vers un avenir plus ambitieux. Aujourd'hui pourrait être le début… ou bien demain.







