Mardi, l'Elysée a opposé un refus aux enquêteurs financiers venus pour perquisitionner, invoquant l'inviolabilité des lieux de la présidence. Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une enquête sur l'attribution des cérémonies d'entrées au Panthéon.
Le procureur financier, Pascal Prache, a précisé que l'accès aux services de l'Elysée n'a pas été autorisé, citant l'article 67 de la Constitution qui stipule l'inviolabilité des locaux présidentiels. Une situation rarissime qui fait écho à la dernière perquisition au sein de l'Elysée, datant de 2018 en lien avec l'affaire Benalla.
Confirmant la présence des enquêteurs, l'Elysée a indiqué que les documents non liés directement aux activités du président seraient transmis sur demande.
- Du Panthéon à Omaha Beach -
Cette enquête vise plusieurs lieux, dont des domiciles, et a été ouverte début octobre pour des cas de favoritisme, corruption et trafic d'influence. Au cœur du dossier se trouvent les conditions d'attribution de marchés publics pour l'organisation des cérémonies de panthéonisation, comme l'a mentionné le procureur. Le Canard Enchaîné a révélé que les enquêteurs examinent de près le choix récurrent de la société Shortcut Events pour ces événements prestigieux.
Il est rapporté par l'hebdomadaire satirique que chaque cérémonie a coûté environ 2 millions d'euros à l'Etat. En parallèle, Shortcut Events prépare également des événements comme le 80e anniversaire du Débarquement à Omaha Beach, prévu pour juin 2024.
D'après les analyses du journal Le Monde, Shortcut Events, en charge de l'organisation des panthéonisations depuis 2002, a multiplié les succès sous le mandat d'Emmanuel Macron, remportant systématiquement les appels d'offres. Toutefois, des changements sont à prévoir, comme le montre l'attribution de la cérémonie d'entrée au Panthéon de Robert Badinter en 2025 à l'agence Auditoire, mettant fin à la série de contrats de Shortcut Events.
L'article 67 de la Constitution stipule que le président ne peut être tenu responsable de ses actes en tant que chef d'État durant son mandat, ce qui complique les investigations. En amont de cette affaire, une enquête préliminaire avait déjà été initiée par le Parquet national financier en décembre 2023.
Les investigations sont confiées à la Brigade financière et anti-corruption (BFAC) de la police judiciaire parisienne, selon les déclarations du procureur.







