Une cinquantaine de pêcheurs du Calvados perturbent l'accès des camions-citernes au dépôt pétrolier de Caen, en réponse à l'envolée des prix du gazole qui contrarie leur activité. Ce mercredi 15 avril, sur la Presqu’île de Caen, un groupe de manifestants se positionne pour filtrer le passage des poids lourds, souhaitant « marquer le coup pour être écouté » sur cette problématique ardente.
« On bloque jusqu’à l’arrivée du prochain camion », déclare un représentant d'un collectif engagé. La hausse des prix n'est pas sans conséquence : de nombreux bateaux restent à quai, le coût de l'opération s'avérant trop élevé. Lors d'échanges, les pêcheurs de Port-en-Bessin, Grandcamp-Maisy, Ouistreham, Honfleur et Trouville-sur-Mer partagent leurs inquiétudes. L'un d'eux confie qu'il a cessé de partir en mer depuis une semaine, jugeant plus rentable de rester à terre.
« Le prix du litre de gazole marin atteint 1,25 euro. On nous avait promis une réduction de 20 centimes, mais rien ne change », s'insurge un pêcheur. Leur revendication se cristallise autour d'un prix du gazole fixé entre 0,70 et 0,80 euro. Avec des factures qui montent en flèche, et alors que la demande de la coquille Saint-Jacques s'effondre, seuls deux à trois bateaux sortent encore à Port-en-Bessin sur une trentaine disponibles. Les salaires des pêcheurs, initialement en lien avec les profits des sorties, ont subi une chute vertigineuse, estimée à environ 900 euros pour certains d'entre eux.
Actuellement, une délégation a été reçue par la préfecture du Calvados pour discuter des requêtes soulevées. L'issue de ce mouvement est désormais conditionnée par la réponse des autorités. C'est dans un climat de tension que les pêcheurs annoncent la possibilité d'un soutien imminent de la part des agriculteurs, laissant présager d'autres actions dans les jours à venir pour contrer cette crise qui affecte l'ensemble de la filière. La situation reste cependant préoccupante, comme l'affirment plusieurs experts en économie maritime.







